L’Opcommerce ajuste sa stratégie pour atteindre ses objectifs en matière d’alternance

L’opérateur de compétences adapte son organisation et son offre de services pour aider les entreprises du commerce à relancer leur activité. Son conseil d’administration a pris des mesures pour faire face à une baisse des contrats en alternance à la rentrée. Mais à ce stade, les objectifs fixés par la convention triennale signée avec l’État en février ne sont pas remis en cause.

Par - Le 04 juin 2020.

L’Opcommerce maintient son cap malgré la crise sanitaire. Les objectifs fixés dans le cadre de la convention triennale signée avec l’État, le 11 février, restent toujours d’actualité. Mais pour les atteindre l’opérateur de compétences des entreprises du commerce va devoir ajuster sa voilure, notamment en matière d’alternance. Dans le cadre de la convention d’objectifs et de moyens, « nous avons défini une augmentation de 30% des contrats de professionnalisation et d’apprentissage sur trois ans », rappelle Chrystelle Derrien, présidente de l’Opcommerce. Un objectif ambitieux qui pourrait être remis en cause par les difficultés économiques rencontrées par les entreprises, notamment dans le commerce non alimentaire.

20 à 25% d’alternants en moins la rentrée

« La crise ne va pas nous faciliter la tâche », reconnaît Philippe Huguenin-Génie, délégué général de l’Opcommerce qui anticipe « une baisse de 20 à 25 % des contrats en alternance à la rentrée 2020 ». Pour compenser la baisse de cotisations – et donc de ressources – du fait de la réduction de la masse salariale pendant la période de chômage partiel, le conseil d’administration de l’opérateur a fait évoluer son budget de fonctionnement. Des mesures pour accompagner les entreprises, les jeunes et les prestataires de formation sont aussi à l’ordre du jour. « Nous avons révisé nos équilibres économiques et nous allons nous mobiliser dans les territoires pour essayer de convaincre les entreprises de continuer à jouer la carte de l’alternance », affirme Philippe Huguenin-Génie. Les rendez-vous physiques et les manifestations annulés pendant la période de confinement reprendront en juillet. « Le défi de cet été sera de rassurer, d’accompagner la mise en relation des jeunes et des entreprises et de permettre aux centres de formation d’apprentis de tenir le choc », ajoute le délégué général de l’opérateur de compétences. Reste une inconnue : le nombre de contrats interrompus depuis le début de la crise sanitaire. « Un sujet d’inquiétude » pour l’opérateur de compétences qui ne pourra quantifier le phénomène que fin juin, au moment du règlement aux CFA du deuxième versement au titre du financement des contrats d’apprentissage.

Règlements assurés

Le plan de continuité d’activité mis en place en début de crise sanitaire a permis à l’opérateur de compétences de remplir ses engagements. « Une de nos priorités était d’assurer le règlement des factures », rappelle Véronique Allais, vice-présidente de l’Opcommerce. Entre le 16 mars et le 11 mai, l’organisme paritaire a versé 51, 2 millions d’euros pour financer des actions de formation, contre 33,4 millions engagés à la même période en 2019. Et 54 millions d’euros sur un total de 76 millions ont été versés aux CFA au titre de l’acompte prévu pour financer 50% du coût des contrats d’apprentissage. « Les 22 millions restants correspondent à des factures que nous sommes prêts à payer mais pour lesquels nous attendons des confirmations de la part des CFA », explique Philippe Huguenin-Génie.

Accompagner la reprise

L’opérateur de compétences a par ailleurs fait évoluer son offre de services pour informer et accompagner les entreprises pendant la crise sanitaire. Pour le compte des adhérents, ses équipes ont ainsi géré les demandes de financement au titre du FNE-Formation auprès des Direccte [ 1 ]Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.. Au 2 juin, « 1 730 demandes de prise en charge ont déjà été enregistrées pour un montant de 4 millions d’euros dans les régions métropolitaines », indique Véronique Allais.

La palette de services de l’Opcommerce s’est aussi enrichie de nouveaux outils : tutoriels sur les règles sanitaires à respecter ou encore offre de diagnostic et de conseil proposée à distance et entièrement prise en charge. Baptisé « Rebond », ce service permet aux entreprises de bénéficier d’un accompagnement pour organiser la reprise de leur activité ou identifier de nouvelles sources de revenus. Depuis le 11 mai, 31 diagnostics ont été initiés et 61 sont en cours de contractualisation.

 

Les grandes lignes de la convention d’objectifs et de moyens de l’Opcommerce

  • Alternance: augmentation de 30% des contrats en trois ans pour atteindre les 70 000 en 2022.
  • Délais de règlement: 98 % à 30 jours.
  • Formation dans les TPE: 20 % des entreprises de moins de 50 salariés doivent bénéficier d’une prise en charge
  • Organisation territoriale pour le suivi de 81 000 entreprises de moins de 50 salariés, soit 620 TPE par conseiller.
  • Diagnostics pour aider les TPE-PME à élaborer leur stratégie RH : 580 à réaliser en 2020.
  • Augmentation de la part des travaux inter-branches de l’Observatoire prospectif du commerce : 55 % en 2022.
  • Proximité avec les entreprises dans les territoires : 52 360 rendez-vous par an (dont 30 000 téléphoniques) avec des conseillers emploi formation.
  • Satisfaction des entreprises : 80 % d’entreprises satisfaites ou très satisfaites à l’occasion des enquêtes annuelles.
  • Budget de fonctionnement : 41,2 millions d’euros pour 2020, soit 9,3 % des ressources gérées (443 millions d’euros).

Notes   [ + ]

1. Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.

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