Un guide du Fffod clarifie les règles des formations multimodales pour « apaiser les craintes » (Jacques Bahry)

Lancé lors des 16è rencontres du Forum des acteurs de la formation digitale, le nouveau guide « Formation multimodales : attester la réalisation de l’action de formation », veut rassurer les acteurs dont les pratiques vis à vis des formations multimodales se sont refroidies suite à la réforme.

Par - Le 11 octobre 2019.

« Il nous est apparu important de réaliser un document, en liaison avec le ministère du Travail – en l’occurrence la DGEFP [ 1 ] Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnellepour calmer les peurs des uns et des autres », explique à Centre Inffo le président du Fffod  [ 2 ]Forum des acteurs de la formation digitale, Jacques Bahry. Il s’exprime lors des 16è rencontres nationales organisées par l’association, les 9 et 10 octobre à Dijon, au cours desquelles a été présenté le nouveau guide « Formation multimodales : attester la réalisation de l’action de formation ».

Une période trouble

« Nous avons ressenti un besoin. Nous sommes heureux que la loi du 5 septembre 2018 consacre la FOAD [ 3 ]Formation ouverte et/ou à distance et l’Afest [ 4 ]Action de formation en situation de travail comme entrant dans le périmètre de la définition de l’action de formation. C’est donc le cas des parcours multimodaux. Cependant, nous nous sommes rendus compte que la pratique ne suivait pas : un certain nombre de nos membres commençaient à proposer moins de FOAD, car cela leur semblait trop risqué», dit-il.

En cause, le fait que la réforme « a bouleversé l’ensemble des opérateurs, des financeurs». Pour Jaques Bahry, de nombreux Opco [ 5 ]Opérateurs de compétences n’ont pas encore « trouvé leur rythme de croisière » et ne sont pas  stabilisés tant dans leurs structures que dans leurs nominations : « Nous sommes dans une période trouble et certains n’acceptent plus de financer la FOAD ».

Le président du Fffod affirme par exemple que certains Opco ne prennent plus en charge les formations dites asynchrones, c’est à dire dans le cadre desquelles les échanges entre stagiaires et formateurs peuvent avoir lieu en différé, et non de manière simultanée. Or, fait-il valoir, la FOAD adopte généralement un format asynchrone. « On se retrouve dans une situation où les craintes l’emportent sur la prise de risque », regrette Jacques Bahry. « Les opérateurs ont peur de leur administrateurs, les administrateurs ont peur du contrôle de premier niveau, et les agents de contrôle ont peur de leur hiérarchie… »

Une évolution indispensable

Pour lui, le nœud du problème est la rémunération du stagiaire. « Comment prouver qu’une personne était bien en train de se former de telle heure à telle heure ? Pourtant, la loi dit bien qu’il n’y a plus besoin de cela. À présent, on se base sur une durée moyenne, forfaitaire, déterminée par le formateur. » Les textes affirment ainsi que la réalisation d’une formation peut être attestée par « tout moyen de droit » (rédaction d’un mémoire, réponses à un quizz ou autre réalisation…).

« Les acteurs de la formation sont habitués à des systèmes dans lesquels on coche des cases. Ce travail d’analyse de faisceau d’indices permettant de faire une preuve n’est pas encore entré dans les mentalités. C’est pourtant une évolution indispensable qui va permettre d’ouvrir à la créativité et aux nouvelles technologies », dit Jacques Bahry. Ainsi, dans son allocution prononcée lors de l’ouverture des rencontres, il affirme que le secteur « a besoin de confiance ». Le guide, sur lequel figure le logo du ministère du Travail, doit apporter sa pierre à l’édifice. Il sera très prochainement téléchargeable gratuitement sur le site Internet du Fffod.

 

 

Notes   [ + ]

1. Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle
2. Forum des acteurs de la formation digitale
3. Formation ouverte et/ou à distance
4. Action de formation en situation de travail
5. Opérateurs de compétences

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