L’Union européenne recommande un recours accru aux micro-certifications

Le caractère épars du paysage des microcertifications en Europe constituait un frein aussi bien à leur valorisation par les entreprises qu’à leur recours par les individus et les organismes certificateurs. Une recommandation adoptée par le Conseil vient apporter de la clarté et augure pour les individus, de la flexibilisation dans leur parcours pour s’adapter aux transitions.

Par - Le 01 juillet 2022.

Si dès décembre 2023, les Etats devront rendre compte des mesures implémentées pour avancer sur les objectifs visés par cette recommandation, la première étape d’évaluation par la Commission est fixée à 2027. L’un des grands objectifs étant d’apporter en clarté pour une meilleure valorisation et un recours plus accru à ce mode de certification. Quel est le cadre posé par le Conseil ?

Une approche européenne de la microcertification

Aux étapes embryonnaires (études et enquêtes sur l’état de l’art menées entre autres par le Cedefop) le terme « microcredential » était souvent décliné en français sous le vocable « micro-certificat ». Finalement, la version française officielle de la recommandation adoptée par le Conseil utilise le terme « microcertification ». Elle définit la microcertification comme « le relevé des acquis d’apprentissage obtenus par un apprenant à la suite d’un petit volume d’apprentissage (…) ».  Toujours selon la recommandation les microcertifications « peuvent être autonomes ou être combinées pour former des certifications plus étendues (…) ». Elle précise par ailleurs que les enseignements ou formations menant à l’obtention d’une microcertification « répondent à des besoins sociétaux (…) ou du marché du travail ». Une nouvelle allusion aux transitions que l’Europe aborde et auxquelles les citoyens doivent être préparés.

Un outil d’adaptation et de flexibilisation du parcours des individus

Par leur caractère court, les volumes d’apprentissage menant à des microcertifications ont le mérite de préparer rapidement les individus à l’exercice d’un métier ou à l’accomplissement d’une tâche. Les microcertifications pourraient participer d’une part, de la formation continue des personnes exerçant des métiers en évolution rapide et d’autre part, des mécanismes de reconversion à d’autres métiers. Ceci, à l’image des Arbejdsmarkedsuddannelser (AMU), ces formations courtes (une semaine en moyenne) préparant à l’exercice de plusieurs métiers (échafaudeur, chauffeur de camion etc.) et débouchant sur des qualifications de niveau 2 à 5 du CEC, au Danemark.

Micro-certification, panacée pour les transitions ?

Si la question de l’inadaptation entre compétences et les besoins du marché du travail est une réalité au sein de l’Europe, des spécialistes tels que Mara BRUGIA (Directrice adjointe du Cedefop) estiment que ce qui est perçu par les employeurs en recherche de ressources humaines comme inadaptation des compétences peut être une certaine incapacité à recruter. Cette incapacité à recruter est le résultat de cause diverses (attractivité du métier, attractivité du salaire etc.) et ne saurait se justifier que par l’inadaptation entre les compétences et les besoins du marché. Des données que les Etats membres semblent avoir intégrés notamment avec l’accord du Conseil et du Parlement sur les salaires minimum adéquats en Europe.

 

Source :

Recommandation adoptée par le Conseil : https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-9237-2022-INIT/fr/pdf/

Recommandation du Conseil du 16 juin 2022 sur une approche européenne des microcertifications pour l’apprentissage tout au long de la vie et l’employabilité 2022/C 243/02, Journal officiel de l’Union européenne du 26 juin 2022

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