Opco culture et médias : l’adhésion de la branche sport reste à trancher

Rédigé par . Publié le 09 janvier 2019. Mis à jour le 09 janvier 2019.

Le nouvel opérateur de compétences constitué autour de l’Afdas intègre 29 branches professionnelles. Aux champs d’activités déjà couverts par l’ancien Opca s’ajoutent trois nouvelles branches. Parmi elles le sport, qui n’a toutefois pas désigné l’Opco à la majorité.

Modèle

Au regard des aléas rencontrés dans d’autres secteurs, la constitution de l’Opco culture et médias ferait presque figure de modèle. Annoncée dès le 4 décembre par un communiqué (voir notre article) , la naissance du nouvel opérateur de compétences temporairement baptisé « Opco Afdas » s’est en effet déroulée sans heurts. « Sur le champ initial, les négociations ont été assez courtes et fluides et toutes les branches déjà adhérentes de l’Afdas ont signé l’accord constitutif », confirme au Quotidien de la formation le directeur général de l’Afdas Thierry Teboul.

Trois nouvelles branches professionnelles ont en outre choisi de rejoindre le nouvel opérateur de compétences : les agences de mannequins, les casinos et le sport. Une configuration qui, si elle est validée par les pouvoirs publics, amènerait l’Opco à couvrir environ 90 000 entreprises dans le champ de la culture, des industries créatives, des médias, de la communication, du sport, des loisirs et du divertissement.

Culture ou cohésion sociale ?

« Pour l’agrément de l’État, c’est le rattachement de ces trois nouvelles branches qui pourrait poser question », analyse Thierry Teboul. La difficulté ne porte néanmoins pas tant sur les agences de mannequins et les casinos, les deux branches ayant « désigné majoritairement l’Opco Afdas », que sur le sport. Dans cette branche en effet, seuls le Cosmos [footnote]Conseil social du mouvement sportif, organisation des employeurs du sport.[/footnote] et la Fnas [footnote]Fédération nationale des associations et syndicats de sportifs, organisation de salariés.[/footnote] ont ratifié l’accord constitutif de l’Opco culture et médias. Les autres organisations et syndicats représentatifs [footnote]CNEA, Conseil national des employeurs d’avenirs, CFDT et CGT.[/footnote] ont préféré se rapprocher de l’Opco Cohésion sociale, suivant en cela les préconisations du rapport Marx/Bagorski pour la branche sport.

Arbitrage de l’État

Le président du Cosmos, Philippe Diallo, se défend néanmoins de vouloir diviser la filière. « Au contraire, la raison stratégique du rattachement à l’Opco Afdas est la préservation de l’unité de la branche sport, explique-t-il au Quotidien de la formation. Car au-delà de nombreuses passerelles entre mondes de la culture et du sport (temps de travail atypique, problématiques de reconversion…) il observe en effet que « l’Afdas réussit à faire cohabiter monde associatif et commercial au sein d’une même structure. À ce titre, c’est un point d’équilibre entre un Opco interprofessionnel et l’Opco cohésion sociale pour les différents types d’organisations (sociétés ou associations) qui coexistent dans notre secteur. »

In fine, il reviendra à l’État de départager à quel Opco sera rattaché la branche du sport. Philippe Diallo se veut néanmoins confiant. « Notre démarche est parfaitement légale d’un point de vue juridique et je note que les organisations salariées n’ont pas fait opposition à cette signature, ce qui me laisse espérer un arbitrage qui nous soit favorable ». Le fait que son organisation représente 97 % des employeurs de la branche sport devrait également peser fortement dans la balance.

Seuil de collecte

Un éventuel retrait de la branche sport ne mettrait néanmoins pas en péril le nouvel Opco Afdas. Il pourrait en effet toujours justifier du seuil de 200 millions de collecte exigé pour la constitution d’un Opco. « Le calcul est un peu complexe car il s’agit de volume de fonds gérés, mais nous serons proches de ces 200 millions même sans les trois nouvelles branches », précise Thierry Teboul. Le champ de l’opérateur de compétences restant ouvert, il n’est par ailleurs pas exclu que d’autres branches le rejoignent une fois la période d’agrément passée.


Les 29 branches de l’Opco culture et médias

Entreprises artistiques et culturelles du spectacle vivant ; entreprises privées du spectacle vivant ; entreprises techniques au service de la création et de l’évènement ; production audiovisuelle ; production cinématographique ; production de films d’animation ; chaînes thématiques ; radiodiffusion ; artistes interprètes engagés pour des émissions de télévision ; espaces de loisirs, d’attractions et culturels ; exploitation cinématographique ; distribution de films ; publicité ; distribution directe ; édition ; édition musicale ; édition phonographique ; presse quotidienne nationale ; presse quotidienne départementale ; presse quotidienne régionale ; presse hebdomadaire régionale ; presse spécialisée ; presse magazine ; agences de presse ; portage de presse ; journaliste ; casinos ; sport ; agences de mannequins.


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