Si Cap Digital, pôle de compétitivité Ile-de-France des industries du contenu numérique, est le seul pôle qui comporte une commission Education numérique, la formation professionnelle continue (FPC) et la formation ouverte et à distance (FOAD) brillent par leur absence. Une carence que les acteurs du secteur voudraient bien lever, comme l’a révélée la rencontre du 30 mai entre les membres du FFFOD et des représentants de la commission Education de Cap Digital.
Organisée à l’initiative de Philippe Leroy, chargé de mission Cap Digital, cette rencontre a permis de présenter les missions du pôle créé en 2005 et, surtout, d’appeler les acteurs de la FPC et de la FOAD à investir la commission Education, qui ne comporte jusqu’à présent que des représentants de la formation initiale. Il suffit pourtant de se référer à l’appel à propositions concernant l’éducation , rappellent les organisateurs, pour constater que la FPC y est explicitement citée et y a donc « toute sa place ». « La capitalisation pédagogique est possible », remarque par ailleurs Jean-Jacques Néré, directeur en charge de la formation aux métiers et à la prospective des compétences au sein du CFPB [1], où des passerelles existent entre formations initiale et continue. Selon Eric Julien, coordinateur de la commission, l’enjeu est de parvenir à « dynamiser le secteur Education au sens large du terme, de permettre aux acteurs de se rencontrer et de monter des projets ensemble ».
Les pôles de compétitivité, des synergies offensives
Tentative de réponse à l’économie mondialisée, nos pôles de compétitivité, calqués sur le modèle des « clusters » anglo-saxons, constituent un élément essentiel de la politique industrielle de la France. Comme l’explique le site www.capdigital.com, les 66 pôles labellisés par l’Etat ont pour objectif de créer « un réseau d’excellence entre centres de recherche publics et privés, établissements de formation, grandes entreprises et PME. Ils favorisent ainsi le développement et la concentration des synergies, dans une même zone géographique et pour un même secteur, entre des moyens et des savoir-faire complémentaires. L’objectif est d’atteindre la taille critique permettant l’obtention d’avantages comparatifs probants dans une compétition internationale croissante, afin de soutenir l’attractivité et le dynamisme des territoires, et de développer, in fine, des emplois. L’originalité de cette politique consiste dans l’association d’innovations scientifiques (puisque basée sur le R&D) et d’innovations organisationnelles (mise en réseau des entreprises, pour optimiser la capitalisation et l’effet de masse nécessaires au développement des innovations technologiques). Ainsi, l’un des principaux enjeux de cette nouvelle politique est de faire en sorte que les entreprises, notamment les plus petites, ne pensent non plus en termes de marché national, mais aillent ensemble conquérir des marchés mondiaux, sur le mode de ce que nous pouvons qualifier de "coo-pétition" ».
Une proposition qui résonne favorablement aux oreilles de Jacques Naymark, vice-président du FFFOD, qui rappelle que la technologie est « tout à fait transverse », même si, comme le souligne Jean-Marc Labat, professeur d’informatique à Paris-VI et représentant de la commission, « les financements le sont moins ». Pour Jacques Naymark, il apparaît en définitive que si la FPC et FOAD ont bien évidemment leur place au sein de la commission Education, leur intégration ne peut se faire convenablement qu’à la condition d’une « redéfinition du périmètre » qui place clairement à égalité d’intérêt formation initiale et formation professionnelle continue. L’adhésion du FFFOD au pôle de compétitivité Cap Digital devrait être débattue courant juillet lors d’une rencontre des deux institutions.
En savoir plus : www.capdigital.com – www.fffod.org
Nicolas Deguerry
in Le Quotidien de la Formation, 31 mai 2007

































