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François Hollande veut revenir à « l’esprit de la loi de 1971 » sur la promotion sociale et professionnelle

En préambule de la partie de son allocution consacrée au système de formation professionnelle, François Hollande a rappelé les critiques adressées par certains. « Trop opaque dans son organisation, trop concentré sur les salariés déjà les plus qualifiés et trop dispersé pour les demandeurs d’emploi. »

Ainsi, a insisté le président, «  les chômeurs ne représentent que 13% de la dépense totale de formation. De même, les salariés des grandes entreprises bénéficient trois fois plus que les salariés des TPE des actions de formation. Enfin, les salariés les plus âgés ont rarement accès à une nouvelle chance. D’où le chômage élevé chez les seniors.  »

Autant de raisons selon le chef de l’État de « revenir à l’esprit de la loi de 1971 sur la promotion sociale et professionnelle.  » Ce qui passe par une clarification préalable du rôle de chaque acteur.

À l’État de « définir les instruments et le cadre légal  » ; «  aux régions de former les jeunes et les demandeurs d’emplois, en complémentarité avec Pôle emploi » ; « aux partenaires sociaux de fixer les objectifs au sein des entreprises ».

Le tout dans la perspective d’une réforme qui devra aboutir « avant la fin de l’année 2013. » Le chef de l’État a en effet fixé la feuille de route suivante aux partenaires sociaux : négociation d’un accord national interprofessionnel à partir de septembre, lequel sera transposé dans un projet de loi qui devra être présenté en Conseil des ministres d’ici à la fin 2013.

Dans la deuxième partie de son discours sur la formation, François Hollande a souligné l’importance de l’alternance, présentée comme un levier anti-chômage de premier plan.

«  70 % des jeunes qui sortent d’une formation en alternance sont en emploi dans les 6 mois qui suivent. Je rappelle que l’apprentissage n’est plus simplement limité aux niveaux 4 ou 5. Il peut aller jusqu’au BTS, la licence professionnelle et même le diplôme d’ingénieur  », a plaidé le président.

C’est pourquoi il a réitéré l’objectif gouvernemental de former 500 000 apprentis au cours des trois prochaines années. Dans un pays, la France, qui compte à ce jour 435 000 apprentis, contre 1,5 million en Allemagne.

« Ici encore, le pilotage devra être régional car c’est à cette échelle territoriale que doit se faire l’adaptation de l’offre de formation aux besoins économiques, et donc aux possibilités concrètes de recrutement futur des entreprises  », a ajouté François Hollande.

Compréhensif envers les PME, dont le chef de l’État a dit connaître les « difficultés pour accueillir des alternants » ; n’ignorant rien de leur souhait « d’être mieux associées au contenu des formations  », il a qualifié cette demande de « légitime  ».

Tout en posant le principe d’une «  contrepartie  ». A savoir « la garantie d’un débouché pour le jeune  ». À cet égard, François Hollande a imaginé le scénario que « l’entreprise qui contribuerait à la définition de la formation d’un jeune en alternance et qui l’accompagnerait tout au long de son parcours puisse signer un contrat d’apprentissage avec engagement d’embauche  ». Sans préciser la nature de l’embauche, CDI ou CDD.

David Garcia
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 21 juin 2013.

Mis en ligne le 27 juin 2013