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Le nouveau Conseil de l’inclusion dans l’emploi appelé à décloisonner les acteurs

Installé vendredi 30 novembre dans les locaux de Croix-Rouge Insertion à Pantin, le Conseil de l’inclusion dans l’emploi se présente comme «~un action tank~». Présidé par Thibaut Guilluy, président du groupe d’insertion Ares, c’est un «~lieu de co-construction avec les services de l’État pour innover dans la politique d’inclusion dans l’emploi~».

Par - Le 03 décembre 2018.

Le Conseil de l’inclusion dans l’emploi a été installé en présence de Jean-Marie Marx, Haut-Commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi, de Christophe Itier, Haut-Commissaire à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale, de Carine Chevrier, déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle, des réseaux et de chefs d’entreprise. Thibault Guilluy son président a appelé à « décloisonner les silos pour mettre l’inclusion dans l’emploi au cœur des politiques publiques ».

Doubler le nombre de bénéficiaires

L’objectif annoncé est de doubler en quatre ans le nombre de bénéficiaires de structures d’inclusion (soit 320 000 en 2022), grâce aux propositions du Conseil, qui remettra un rapport au mois de mars 2019 dans ce sens. En outre, il a pour mission de concourir à la conception, à l’élaboration et au suivi des politiques d’inclusion dans l’emploi.

Composé de 18 membres (dont la DGEFP, la BPI, la DGCS) et conforté par des personnalités engagées dans les politiques locales, il prend la relève de l’ancien Conseil national de l’insertion par l’activité économique (CNIAE) fondé par Claude Alphandéry. Pour Jean-Baptiste Barfety, son secrétaire général, il s’agit « de s’intéresser à la cause de l’inclusion plutôt qu’aux outils ». Ainsi, si le CNIAE s’occupait de l’insertion par l’activité économique (IAE), le nouveau conseil a vocation à concerner aussi les entreprises adaptées [Entreprises d’utilité sociale, ayant une obligation d’employer 80 % de travailleurs handicapés.[/footnote], la clause sociale [ 1 ]Dispositif juridique permettant d’intégrer des considérations liées à la lutte contre le chômage et les exclusions dans les appels d’offres publics. ou les nouveaux Parcours emplois compétences ([Pec).[ 2 ]Ils remplacent les contrats aidés en janvier 2018. Ce sont des emplois aidés qui reposent sur l’emploi, la formation et l’accompagnement .

Aller vers l’entreprise

« En gardant les spécificités de chacun, le Conseil incitera les structures d’insertion à aller davantage vers l’entreprise et vice-versa », glisse cet ancien inspecteur de l’Igas [Il a également co-rédigé le rapport [Donnons-nous les moyens de l’inclusion avec Jean-Marc Borello.[/footnote]. C’est la raison de la présence de Pierre Coppey, président de Vinci autoroutes et de l’association Aurore, ou de Jean-Jacques Salaün, DG de Zara France qui forme et embauche 15 jeunes en situation d’échec par an, depuis onze ans. 10 % des temps complets parisiens seraient issus de l’inclusion, selon le patron qui évoque « le rôle citoyen de l’entreprise ».

Partant du principe défendu par Muriel Pénicaud que « personne n’est inemployable », le Conseil a vocation à fertiliser les initiatives qui marchent pour « faire mieux, faire plus et ensemble », selon Thibault Guilluy. De forme restreinte, travaillant en interministériel pour favoriser la souplesse, le Conseil veut stimuler les initiatives et expérimentations aux côtés de la DGEFP. Il fera feu de tout bois : les entreprises apprenantes, la VAE, les contrats pro inclusion, afin d’offrir sa chance à chacun.

Jeunes peu qualifiés, chômeurs de longue durée, bénéficiaires de minima sociaux et travailleurs handicapés devraient bénéficier des préconisations du Conseil qui s’inscrit dans les pas de la politique gouvernementale, après le Plan de lutte contre la pauvreté, celui d’investissement dans les compétences ou le tout neuf Pacte de croissance de l’ESS.

Notes   [ + ]

1. Dispositif juridique permettant d’intégrer des considérations liées à la lutte contre le chômage et les exclusions dans les appels d’offres publics.
2. Ils remplacent les contrats aidés en janvier 2018. Ce sont des emplois aidés qui reposent sur l’emploi, la formation et l’accompagnement

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