À Brest, l’Adess (Association pour le développement et l’économie sociale et solidaire) lance la troisième édition de son restaurant coopératif et éphémère Cuisine du monde.

A Brest, des chômeurs activent leurs compétences en cuisinant

A Brest (Finistère), dans le quartier de Pontanézen, l’Adess (Association pour le développement et l’économie sociale et solidaire) lance la troisième édition de son restaurant coopératif et éphémère « Cuisine du monde. » L’initiative permet aux demandeurs d’emploi de se remettre en selle, et de prendre conscience de leurs compétences latentes.

Par - Le 29 novembre 2022.

Jour d’ouverture à Cuisine du monde, troisième édition. En salle et aux fourneaux, les quinze stagiaires de la formation s’activent pour recevoir leurs premiers clients. Au menu : velouté de potimarron, mafé au poulet et mousse au citron.

Rares sont ceux à déjà posséder une expérience dans la restauration, mais ils aident volontiers leurs camarades. « Nous partons de la base, c’est beaucoup de boulot. Outre les compétences en matière de préparations alimentaires, l’étiquetage ou le stockage, nous travaillons aussi les savoirs-être, comme la ponctualité », résume Gilles Narbéburu, cuisinier professionnel et formateur. Le règne de la pédagogie active et entre pairs, en somme, où la théorie ne représente que 20% de la maquette dans ce parcours certifié Qualiopi.

Des stagiaires au double statut

Lancé par l’Adess en 2019, Cuisine du monde permet à des demandeurs d’emploi de découvrir pendant six mois le monde de la restauration, sous l’angle culinaire mais aussi administratif (comptabilité, gestion d’entreprise, marketing, etc.). Le tout agrémenté de quatre semaines de stage pour enrichir leur vision professionnelle. « C’est costaud », admet Carine Sola, coordinatrice du projet.

A la fin de la formation, pas d’examen de passage mais une attestation. « Nous avons un taux d’insertion supérieur à 90%, précise-t-elle avant de poursuivre, certains ont créé leur restaurant, d’autres ont une activité salariée ou poursuivent dans la formation pour adultes. »

Recrutés auprès de partenaires tels que Défi Emploi Pays de Brest, les missions locales ou Pôle Emploi, les demandeurs d’emploi ont « un double statut : stagiaire de la formation professionnelle, et celui de coopérateur. Le bénéfice de ce restaurant, c’est leur bénéfice, car c’est leur travail », appuie Carine Sola.

Soutien contre les freins périphériques

Si la Région finance 80% du projet (68 000€ sur les 88 000€ au total), l’Adess monte au front quand il s’agit de lever les freins périphériques auxquels peuvent-être confrontés les stagiaires. « Si le/la stagiaire n’a pas de mode de garde pour ses enfants, nous pouvons le/la mettre en relation avec une garderie, en appuyant son dossier. Nous pouvons aussi relayer auprès de nos partenaires en cas de difficultés de logement. »

Dynamique de groupe

Ex de chez Sodexo, avec un projet de création de « café-bistrot-brocante » en tête, Marie-Louise vient acquérir les compétences culinaires qui lui manquent, et « chasser les bonnes têtes (profils) pour plus tard ! » Asmaïda, déjà animée par la passion de la cuisine, découvre ici « le numérique, les normes en matière de sécurité, l’administratif » utiles pour sa future association humanitaire. « Et aussi le service, je ne demande qu’à apprendre ! »

En clair, la dynamique de groupe bat son plein. « Un bon groupe, c’est important. A travers lui, chacun va s’émanciper. Ça réveille des compétences dormantes et d’autres vont émerger. L’idée, c’est de tirer chacun vers le haut.  Mais ce n’est pas facile à constituer, un bon groupe. Il faut prendre en compte le genre de chacun, ses origines, ses codes, etc. », conclut Carine Sola.

 

 

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