Stéphane Lardy, directeur général de France compétences.

Stéphane Lardy, directeur général de France compétences.

Financement : France compétences, Opco, régions complémentaires ?

France compétences, OpcoEP (entreprises de proximité) et la région Haut de France ont donné leurs éclairages sur le financement de la formation aujourd’hui, lors d’une matinée Afref, jeudi 17 mars.

Par - Le 21 mars 2022.

« France compétences est à sa bonne place, et n’est pas la pieuvre que certains veulent imaginer », indique Stéphane Lardy, directeur général de France compétences, jeudi 17 mars, lors de la matinée Afref consacrée à la thématique : « Modalités de financement de la formation professionnelle, la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a-t-elle modifié la donne ? ».

Répartition des fonds

France compétences joue plusieurs rôles, ajoute-t-il, « il régule la répartition des fonds, aide à la définition des coûts-contrat de l’alternance, et participe à la soutenabilité financière globale. Il rend publics les travaux des observatoires et aide la capacité des acteurs à mieux travailler sur le terrain, mais les sujets financiers sont évidemment majeurs ».

Depuis que les Urssaf collectent les fonds de la formation professionnelle, poursuit le directeur, France compétences travaille à « répartir la collecte dans les bons Opco, en construisant une table de correspondance des identifiants de conventions collectives -IDCC -, où chaque entreprise pourra trouver son IDCC et son Opco, avec un système d’alerte pour les entreprises sans IDCC. Mais ce n’est pas France Compétences qui fera l’arbitrage entre deux Opco sur une entreprise sans IDCC ».

Partenariat et articulation

« Aujourd’hui, les financements sont multiples, affirme Thibaut Douay, en charge de la formation au Conseil régional Hauts-de-France. La politique des régions ne se résume pas au PIC (Plan d’investissement dans les compétences) 2019-2022, prolongé jusqu’à décembre 2023. Contrairement à ce que les documents très prescriptifs de l’État sur le PIC laisseraient croire, réduire les tensions sur le marché du travail est une évidence pour nous depuis longtemps, et la certification des formations est centrale pour nous depuis des années. On forme les demandeurs d’emploi pour l’emploi, pas pour les occuper ! ».

La réalité, indique-t-il, est que, « on pratique un partenariat et une articulation de bon sens. On travaille bien avec Pole emploi, la Dreets, le Crefop, etc. On a signé 13 contrats de branches avec les Opco. On est complémentaires dans les achats de formation : on ne se marche pas sur les pieds ! Et on a organisé le fait qu’un demandeur d’emploi aille se former dans une autre région si c’est plus simple, et on forme des personnes venant de Normandie, d’Ile de France… Bref, on avance dans le même sens, même si parfois c’est compliqué. On est monté dans le train du PIC qui offre un financement considérable et on ne le regrette pas ».

Le poids de l’alternance

« Les Opco sont devenus très dépendants de France Compétences aujourd’hui, analyse Fabien Roullet, directeur des opérations OpcoEP, car leur activité a changé. Chez OpcoEP, 80 % de notre activité et de nos 2 milliards de budget concernent désormais l’alternance : nous signons 150000 nouveaux contrats par an. En parallèle, le PDC des -50 salariés ne pèse que 170 millions et le conventionnel 70 millions seulement. Les défis fondamentaux sont d’accompagner nos plus de 90 % entreprises qui comptent moins de 10 salariés pour lesquelles encore beaucoup de pédagogique est à faire, et d’accompagner nos 54 branches et leur CPNEF, dont 32 ont du conventionnel ».

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