« Les Opco au défi de la transition écologique » (Marième Diagne)

 La loi climat et résilience du 22 août 2021 a confié aux opérateurs de compétences une nouvelle mission d’informer et d’accompagner les entreprises face aux enjeux liés à la transition écologique et a renforcé la prise en compte de ces enjeux dans la négociation collective en matière de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences).

Par - Le 06 juillet 2022.

« Les Opco sont un point d’entrée majeur pour la transition écologique des entreprises », a affirmé Marieme Diagne, cheffe de projet à France stratégie, lors de la matinée consacrée au bilan des Edec (engagements de développement de l’emploi et des compétences), organisée par le ministère du Travail vendredi 1er juillet.

 Pourquoi ? « Parce que leur positionnement les situe à la confluence de quatre acteurs essentiels : partenaires sociaux, branches professionnelles, entreprises et salariés. Ils disposent de moyens d’action centraux en matière d’accompagnement : appui technique aux branches professionnelles, service de proximité au bénéfice des TPE-PME, actions d’information sur l’accès à la formation professionnelle. Ils sont outillés en matière d’observation et d’anticipation des mutations qui traversent le marché du travail ». Enfin, ils constituent « un premier niveau de transversalité des enjeux ».

Prise de conscience

Mais où en sont-ils un an après la loi climat et résilience, promulguée le 22 août 2021 ? Selon une étude du Réseau emplois compétences et de l’Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte [ 1 ] Auditions menées d’octobre 2021 à avril 2022 auprès des responsables techniques (responsable d’observatoire, responsable de l’offre de services aux branches et aux entreprises) et de quelques membres des conseils d’administration (présidence et direction générale) des 11 opérateurs de compétences., « la plupart des instances dirigeantes des Opco sont conscientes des enjeux de la transition écologique pour leurs adhérents. Cela se traduit par le déploiement d’une offre de services intégrant ces enjeux : études d’impact, actions effectives de sensibilisation et d’accompagnement, etc. Une matrice de positionnement et un livret des acteurs précisent ces outils et actions », explique Marieme Diagne.

Cartographie des métiers sous tension

 Constat confirmé par Fabien Boisbras, responsable de l’observatoire inter-industriel, Opco 2i, qui a fait état d’une nouvelle cartographie des salariés, réalisée grâce aux Edec, « selon l’impact de cette question sur les compétence ». Tout comme Fanny Coste, responsable de l’Observatoire prospectif du commerce, qui a également évoqué « une nouvelle cartographie des métiers sous tension de la transition écologique », réalisée grâce aux Edec et diagnostics action.

Mobilisation encore limitée

Pour autant, constate l’étude France stratégie, « la mobilisation est à ce stade encore limitée : une mission dont le contenu reste flou ; un temps d’action long et incompressible ; un manque de moyens humains et financiers ; un manque de maturité sur ce que sont les compétences de la transition écologique ; des difficultés à toucher les petites et moyennes entreprises.»  C’est pourquoi France stratégie dresse une série de recommandations opérationnelles à destination des Opco et des pouvoirs publics [ 2 ]Les préconisations de France stratégie

Orientation n° 1 : Faire de la transition écologique un projet d’entreprise et un projet collectif/stratégique au sein de l’Opco.

Orientation n° 2 : Construire une analyse transversale à l’ensemble des branches professionnelles couvertes des impacts de la transition écologique sur les métiers.

Orientation n° 3 : Parvenir à une vision fine des dynamiques territoriales en vue de proposer un accompagnement de proximité.

Orientation n° 4 : Fixer des engagements clairs entre les Opco et l’État en matière d’information et d’accompagnement des entreprises à la transition écologique.

Orientation n° 5 : Mettre en cohérence les politiques environnementales et les politiques relatives aux compétences en instaurant un dialogue entre les Opco et l’État (ministères et opérateurs compétents) et plus largement au niveau interministériel.

« Les Edec se sont révélés très pragmatiques pour identifier les besoins de compétences, a conclu Carine Seiler, haut commissaire aux compétences. La transition écologique est le nouveau défi, il ne s’agit pas tant de créer des métiers verts que de verdir tous les métiers. Or, les recruteurs le sous estiment, seuls 22 % le prennent en compte dans leurs libellés de poste. Mais il nous reste peu de temps pour faire pivoter le système de formation et verdir les métiers et compétences. Quel juste a temps seront nous capable de construire collectivement ? »

Notes   [ + ]

1. Auditions menées d’octobre 2021 à avril 2022 auprès des responsables techniques (responsable d’observatoire, responsable de l’offre de services aux branches et aux entreprises) et de quelques membres des conseils d’administration (présidence et direction générale) des 11 opérateurs de compétences.
2. Les préconisations de France stratégie

Orientation n° 1 : Faire de la transition écologique un projet d’entreprise et un projet collectif/stratégique au sein de l’Opco.

Orientation n° 2 : Construire une analyse transversale à l’ensemble des branches professionnelles couvertes des impacts de la transition écologique sur les métiers.

Orientation n° 3 : Parvenir à une vision fine des dynamiques territoriales en vue de proposer un accompagnement de proximité.

Orientation n° 4 : Fixer des engagements clairs entre les Opco et l’État en matière d’information et d’accompagnement des entreprises à la transition écologique.

Orientation n° 5 : Mettre en cohérence les politiques environnementales et les politiques relatives aux compétences en instaurant un dialogue entre les Opco et l’État (ministères et opérateurs compétents) et plus largement au niveau interministériel.

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