L’association Walt et l’association 3E (entreprises éducatives pour l’emploi) organisent le 5 juillet 2022 un webinaire avec Alain Druelles, fondateur associé du cabinet Quintet conseil, et Jean-Christophe Chamayou, fondateur de Lafayette Associés.

Régulation des certifications : des procédures à améliorer?

Alain Druelles, fondateur associé du cabinet Quintet conseil, dénonce certains des aspects de l’enregistrement des certifications professionnelles auprès de France compétences et appelle à les faire évoluer.

Par - Le 07 juillet 2022.

L’association Walt et l’association des entreprises éducatives pour l’emploi-3E organisaient mardi 5 juillet un rendez-vous consacré à la certification professionnelle. Jean-Christophe Chamayou, fondateur de Lafayette Associés, y animait un échange avec Alain Druelles. Fondateur associé du cabinet Quintet conseil, ce dernier fut conseiller en charge de la formation professionnelle au sein du cabinet des ministres du Travail Muriel Pénicaud puis d’Elisabeth Borne.

Inégalités de traitement

Si le sujet de la certification professionnelle est vaste, c’est surtout la question du rôle de France compétences qui a été abordée à l’occasion de ce rendez-vous. L’enregistrement des certifications auprès des répertoires nationaux pose en effet plusieurs questions selon Alain Druelles. Celui-ci pointe d’abord la différence entre les certifications enregistrées « de droit » et les autres. « Le fait qu’il y ait deux procédures différentes induit une inégalité de traitement. Ce ne serait pas grave si pour autant les critères d’appréciation étaient rigoureusement les mêmes, or ce n’est pas tout à fait le cas », explique-t-il.

Manque de transparence

Pour Alain Druelles, une amélioration de la lisibilité des procédures d’enregistrement des certifications professionnelles est aussi nécessaire. « Sans faire injure à France compétences, qui fait plein de choses de fond importantes, on doit pouvoir améliorer les choses. […] Il y a des choses à apporter déjà, me semble-t-il, sur la connaissance du référentiel d’évaluation des certifications », estime celui-ci. Il regrette également que les postulants ne puissent avoir accès à une procédure contradictoire, ainsi qu’à davantage d’informations sur l’état d’avancement de leur demande. « Cela amène, dans la méthode, [à se demander pourquoi] pour construire l’ensemble de ces règles, du référentiel à la traçabilité, il n’y a pas un dialogue plus fort qui s’instaure entre l’ensemble des acteurs de la chaîne », interroge celui-ci.

Impact économique

Le refus d’enregistrement d’une certification par France compétences peut enfin être un véritable couperet pour l’organisme certificateur qui réalise la demande. « Il faut avoir la préoccupation de son impact économique […] pour les certificateurs et les formateurs, mais aussi pour les personnes derrière [jeunes ou stagiaires en cours de formation]. La décision tombe, irréversible, immédiate, alors que des mouvements sont en cours », explique Alain Druelles. Sans que la décision de refus d’enregistrement ne soit remise en cause, il suggère un aménagement de son entrée en vigueur. « On peut toujours discuter du curseur, mais pourquoi n’y aurait-il pas un délai ? Par exemple, que l’obsolescence de la certification, même si elle est décidée en juin, n’arrive qu’à la fin de l’année où l’on sait que les flux d’entrée en formation sont généralement les plus faibles », propose celui-ci.

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