Grand Est : le Cnam va s’implanter dans quinze nouvelles villes

Comme dans 54 autres villes moyennes françaises, Colmar verra s’installer le Cnam en 2020 sur ses terres. Il s’agit notamment pour l’organisme de formation bicentenaire de répondre à la métropolisation de l’enseignement supérieur.

Par - Le 14 octobre 2019.

 Le 26 septembre 2019, la Ville de Colmar (Haut-Rhin) a été citée comme l’une des 55 villes moyennes lauréates de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour le programme « Au cœur des territoires » lancé en janvier dernier par le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Adossé au programme national Action cœur de ville , il a été proposé aux 222 villes bénéficiaires de ce dernier pour pouvoir y implanter des antennes du Cnam et répondre à leurs besoins en matière de compétences et de métiers.

 

Territorialiser l’action

C’est parce qu’elle souhaite à la fois développer sa section d’enseignement supérieur et favoriser certaines compétences difficiles à trouver pour les entreprises de son territoire (dans les métiers du bâtiment notamment), que la municipalité alsacienne a répondu à l’AMI. Dès 2020, le Cnam devrait s’installer dans des locaux provisoires avant de rejoindre deux ans plus tard une zone d’activité sur une friche ferroviaire en cours de réhabilitation. Cette implantation doit participer à « l’animation » et « l’attractivité du territoire », explique Yannick Klein, directeur général de les services de la Ville. L’activité du Cnam sur place devra suivre une « montée en charge » pendant trois ans, avec pour objectif d’accueillir à terme 150 auditeurs. Cela pour permettre à la même échéance un réel auto-portage économique de ces nouveaux centres.

L’objectif du Cnam en Grand Est ne se limite pas seulement à implanter des centres de formation. Il entend créer des « maisons des compétences » dans vingt villes (celles où il est déjà implanté et les lauréates de l’AMI dans la région) pour « territorialiser son action », explique Jean-Claude Bouly, le directeur régional du Cnam. Concrètement, au-delà des offres habituelles de formation (visant notamment la promotion sociale, l’alternance, la commande entreprise et les TPE), il s’agira de « travailler avec chaque territoire pour identifier ses spécificités ». Cela peut concerner les besoins locaux mais aussi les atouts d’un bassin donné en termes d’expertise sur une famille de métiers Il indique par exemple que la ville de Vittel (Vosges) détient une expertise sur les enjeux du blockchain [ 1 ]Chaîne de blocs. Technologie  permettant de stocker et de transmettre des informations sans organe de contrôle.

Être là où les autres ne vont pas

À l’échelon national, le Cnam a commencé à travailler il y a dix-huit mois sur le projet « Au cœur des territoires » avec le souhait d’« être là où d’autres organismes ne vont pas », commente Thibaut Duchêne, adjoint à l’administrateur général du Cnam en charge de la stratégie et du développement. « La métropolisation de l’enseignement supérieur est engagée depuis une vingtaine d’années. Pour apporter des réponses aux villes moyennes il faut des solutions différenciées », estime-t-il. Ce nouveau dispositif, pour lequel le Cnam avait reçu 89 candidatures, est vu comme un « catalyseur d’actions », notamment grâce au lien direct avec les collectivités qu’il permet. Les villes candidates qui n’ont pas été sélectionnées devraient être accompagnées pour peaufiner leur projet et, si possible, être lauréates lors d’une seconde vague d’ouvertures.

 

Notes   [ + ]

1. Chaîne de blocs. Technologie  permettant de stocker et de transmettre des informations sans organe de contrôle.

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