Guadeloupe - Les saintes

La Guadeloupe veut passer un cap de transformation de son offre de formation avec son Pacte régional

Trois mois après que la Guyane a initié le tour des signatures officielles de pactes ultramarins d’investissement dans les compétences (2019-2022), la Guadeloupe a fermé la marche, le 3 juillet 2019.

Par - Le 17 juillet 2019.

 

Comme dans les autres territoires ultramarins, le Pacte guadeloupéen s’inscrit dans un contexte plus large : celui des « contrats de convergence et de transformation » pour la période 2019-2022, dont les signatures viennent, elles, de commencer en ce début juillet. L’archipel fait face à un besoin pressant de développement de son offre de formation, alors que sa population décroît du fait de nombreux départs. Le Pacte représente environ 45 % de l’enveloppe globale du contrat de convergence.

 

Population vieillissante

Pour chaque habitant gagné grâce au solde naturel, deux sont perdus à cause des migrations. La population, souvent pauvre, reste peu formée et peu qualifiée : un résident sur quatre est en situation d’illettrisme et un sur quatre également sort du système scolaire sans diplôme. Le taux de chômage s’élève à 22,4 %.

Parmi le public cible, 45 % des personnes ont plus de 50 ans et 12,4 % moins de 25 ans. Du fait de l’allongement de la scolarité, les jeunes ont un niveau de formation plus élevé que la moyenne. Mais le vieillissement de la population, en plus de la mise en tension des métiers du sanitaire et social et des services à la personne, pose la question des « conditions de travail pour les seniors ». La nécessité d’une réflexion sur le sujet est soulignée.

En tout, dix secteurs sont jugés en tension outre ceux déjà cités : la maintenance, le transport et la logistique, les métiers de la mer, l’agriculture, le tourisme, le numérique, les métiers du bâtiment, la création d’activité, et les métiers de l’environnement. L’économie, essentiellement tertiaire, souffre de handicaps structurels (éloignement, taille des marchés, absence de matières premières…). Le nombre d’offres d’emploi apparaît en baisse en 2017 : Pôle emploi en a collecté 13,5 % en moins par rapport à 2016 et l’enquête « Besoins en main-d’œuvre » note une diminution de 11,3 % des projets de recrutement.

 

Atomicité de l’offre privée

Le nombre d’organismes de formation est, lui, en hausse depuis 2014 (+ 24,6 %) mais leur niveau de professionnalisation est jugé « très hétérogène ». Deux raisons sont pointées pour expliquer « l’atomicité de l’offre » privée : la « quasi-absence de barrières à l’entrée » pour s’implanter et « l’existence d’effets d’aubaine » de ce secteur « largement subventionné ».

Un programme de « transformation » devant être « évolutif dans une démarche de concertation qui se renforcera au cours de l’année » est annoncé. Les parcours « individualisés et adaptés aux besoins de chacun » et l’innovation sont promus. Par exemple : le développement de réseaux d’entreprises d’accueil pour favoriser l’immersion des apprenants. Une meilleure coordination de l’offre est attendue via la collecte de données, notamment des besoins des entreprises et des publics. La mise en place d’un tronc commun par secteur en tension avec des spécialisations ensuite en entreprise est aussi envisagée, tout comme la multiplication des validations des acquis de l’expérience et l’e-formation.

 

L’État et la Région se sont respectivement engagés à hauteur de 88,8 et 96 millions d’euros sur toute la période.

 

 

 

 

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