Les Hauts-de-France expérimentent le développement de l’intelligence artificielle

Par - Le 05 février 2019.

Le Medef Lille Métropole et Opcalia Hauts-de-France, soutenus par la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) des Hauts-de-France, et la Région se sont engagés ce mardi 29 janvier dans un programme d’accompagnement de l’intelligence artificielle (IA).

Les entreprises des Hauts-de-France seront accompagnées dans les évolutions inéluctables qui les attendent : c’est tout l’enjeu du projet d’expérimentation sur l’intelligence artificielle qui vient d’être lancé. La Région, retenue après un appel à projets, concrétisera celui-ci durant deux ans avec un budget de 1,5 million d’euros cofinancé avec l’État.

Pour faire face à la transformation des compétences, induite par l’arrivée de l’intelligence artificielle, le Medef Lille Métropole a élaboré un accord-cadre [[En raison de l’absence de Carine Chevrier, déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle, ce mardi dans les locaux d’Entreprises et Cité, la signature de cet accord-cadre elle-même a été reportée. Mais le mouvement est en marche.[/footnote]. Redoutée, ignorée, ou accueillie comme une innovation, l’intelligence artificielle n’est pas toujours perçue comme un changement majeur. Il s’agit donc de sensibiliser les différents acteurs économiques de ce phénomène incontournable. « Si le chef d’entreprise n’est pas convaincu, il ne fera pas bouger sa société. Or, son défi, c’est de garantir l’employabilité de son salarié, au cas par cas », a rappelé Frédéric Motte, président du Medef Lille Métropole.

Certification et blocs de compétences

La formation constitue l’un des axes majeurs : le projet identifiera des écoles, des universités, et des centres qui ont développé des formations, ou une offre de certification sur ce sujet. «Il ne s’agit pas de raccrocher des wagons mais de prendre un temps d’avance », a résumé Xavier Bertrand, président de la Région des Hauts-de-France, sans donner de montant précis. Il prévoit aussi d’intégrer un volet sur l’intelligence artificielle dans le plan d’investissement dans les compétences (Pic). L’idée est de construire une certification ou des blocs de compétences en réponse aux évolutions engendrées par l’IA. Il s’agit aussi d’assurer les montées en compétences des métiers existants, et d’accompagner les transitions professionnelles. « Pour établir un diagnostic des besoins et anticiper les connaissances nécessaires, nous nous appuierons sur la création d’un observatoire régional qui produira des grilles d’analyse », a expliqué Patrick Brunier, le président d’Opcalia Hauts-de-France, partenaire de ce projet et qui y voit un prolongement de l’action déjà menée durant l’année 2018 auprès de 4 500 entreprises, et 60 000 salariés pour un montant de 50 millions d’euros.

Coordination des acteurs

L’un des points forts de ce programme est de coordonner les nombreux acteurs locaux qui s’intéressent au sujet, et parfois s’y lancent. L’objectif est de les faire travailler ensemble. « On sait déjà que l’intelligence artificielle touchera tous les métiers et, dans un premier temps, ceux qui comptent des tâches répétitives », détaille Michele Lailler-Beaulieu, directrice régionale de la Direccte Hauts-de-France. « Et la vraie question, c’est aussi de savoir comment accompagner les demandeurs d’emploi vers ces nouvelles opportunités. Il s’agit de travailler sur les besoins de terrain : ceux d’aujourd’hui et ceux de demain. C’est un travail en réel et de prospective. » Elle indique que l’État investit en HDF sur les quatre ans 735 millions d’euros pour travailler sur la formation des personnes peu ou pas qualifiée pour la période 2019-2022. Un investissement qui bénéficiera évidemment à la compréhension de l’IA.

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