« L’inclusion passera par la formation » (Emmanuel Macron, Bonneuil-sur-Marne)

Le volet formation du « Pacte d’ambition pour l’insertion par l’activité économique », présenté le 10 septembre par le président de la République, lors d’un déplacement dans un CFA de l’Est parisien, est particulièrement important.

Par - Le 12 septembre 2019.

Formations des personnes bénéficiaires en premier lieu, mais également formation/sensibilisation des dirigeants d’entreprises à cette problématique et formation/échange de bonnes pratiques entre acteurs et intervenants de l’inclusion, telles sont les armes formation prévues par le « Pacte d’ambition pour l’insertion par l’activité économique » dont le président de la République assurait le lancement mardi 10 septembre. Il a l’ambition de créer 100 000 emplois en insertion supplémentaires au sein des structures de l’insertion par l’activité économique : ateliers et chantiers d’insertion, entreprises d’insertion, associations intermédiaires et entreprises de travail temporaire d’insertion. 140 000 personnes à ce jour sont dans un parcours d’insertion via ces structures. 55 % d’entre elle connaissent une sortie positive : emploi, formation diplômante…

L’affaire de tous

« À mesure qu’on réduit le chômage, c’est plus dur pour ceux qui y restent, a déclaré Emmanuel Macron pour justifier ce pacte. La réussite d’un bon système d’insertion par l’activité économique des personnes particulièrement éloignées de l’emploi est l’affaire de tous : il faut aller plus vite, investir plus vite, sans rigidifier, sans normaliser ». Le président estime que cela « passera par la formation » et appelle de ses vœux  « un vrai service public insertion et emploi ».

Concrètement, le pacte vise le développement du contrat de professionnalisation inclusion : il devrait bénéficier à 5 000 personnes d’ici 2022, pour un coût estimé de 20 millions d’euros.

Un campus pour la formation des dirigeants d’entreprise à l’inclusion est en passe d’être créé : il devra former 3 000 chefs d’entreprises d’ici 2022. Des promotions sont testées depuis juin 2019, le déploiement national doit intervenir en 2020. « Acheter, recruter, partager, créer inclusif doit devenir le réflexe de tout chef d’entreprise », assure Muriel Pénicaud.

Enfin, une académie de l’inclusion pour former les acteurs et « harmoniser les bonnes pratiques dans une logique de confiance », sera mise en place dès janvier 2020. « L’enjeu est de passer d’une administration centralisée des règles du jeu à une animation des bonnes pratiques en mode agile et intelligence collective », énonce Thibaut Guilluy, président du Conseil de l’inclusion dans l’emploi.

Au delà de ces mesures centrées sur la formation, le pacte préconise 30 actions portant sur la simplification administrative, la digitalisation des procédures, la réforme de la gouvernance de l’IAE…

240 000 personnes en 2022

Au final, l’ambition de ce pacte est de passer, d’ici 2022, de 140 000 à 240 000 personnes accueillies dans une structure d’insertion par l’activité économique. Pour ce faire, le budget consacré à l’inclusion sera sanctuarisé et devrait s’élever à 1,3 milliard d’euros en 2022. « Dès la présentation du budget 2020, le 25 septembre prochain au parlement, ce budget sera porté à 1,1 milliard d’euros, a confié Antoine Foucher, directeur de cabinet de Muriel Pénicaud. Ce sera 120 millions de plus que cette année et 230 de plus que l’année précédente ».

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