« Rendre le système des certifications professionnelles plus lisible et plus proche des besoins de l’économie » (Mikaël Charbit, France compétences)

Mise en œuvre depuis le 1er janvier 2019, la refonte des certifications professionnelles porte un premier bilan. Outil de régulation renforcé, volonté de s’inscrire davantage dans les réalités économiques : décryptage de Mikaël Charbit, directeur des certifications professionnelles au sein de France compétences.

Par - Le 25 octobre 2019.

Cela n’a échappé à personne, les certifications professionnelles s’imposent désormais à la plupart des dispositifs mobilisant les fonds mutualisés, au premier rang desquels, le compte personnel de formation monétisé et directement accessible par les actifs via la future application attendue dans les prochaines semaines. La réforme en a fait, avec la nouvelle démarche qualité, un puissant levier de régulation. « Avec la libéralisation de l’apprentissage et la désintermédiation du CPF, il nous fallait renforcer les exigences du système, le rendre plus lisible et plus proche des besoins de l’économie », rappelle Mikaël Charbit.

Invité à la journée du cycle « Dessine-moi la réforme ! » organisée par Centre Inffo le 17 octobre dernier, le directeur des certifications professionnelles au sein de France compétences a dressé un premier bilan. Depuis le 1er janvier 2019, plus de 960 dossiers ont été jugés recevables et un peu plus de 600 ont été rejetés. Parmi les dossiers retenus, environ 350 faisaient l’objet d’un renouvellement et 600 de nouvelles certifications. En moyenne, le taux d’acceptation au Répertoire nationale des certifications professionnelles (RNCP) atteint 55 % pour seulement 32 % sur le Répertoire spécifique.

Changement de pratiques

Si aucun objectif quantitatif n’a été fixé, les règles d’enregistrement et l’obligation de construire les certifications professionnelles en blocs de compétences changent, de fait, les pratiques des certificateurs. Le niveau d’exigence technique des référentiels et la pertinence de la certification sur le marché du travail ont été renforcés. Les notes d’intention, destinées à démontrer sa valeur d’employabilité et son intérêt économique, doivent être documentées. Les organismes de formation ou les branches professionnelles sont donc amenés à monter en compétences en matière d’ingénierie de certification. Les opérateurs de compétences étoffent ainsi leurs équipes et installent des commissions transversales afin d’appuyer les branches professionnelles. Pour ces dernières à qui la réforme donne la main, les enjeux sont stratégiques.  France compétences, de son côté, a structuré son organisation. « Nos instructeurs se spécialisent par grandes filières économiques. Chaque opérateur de compétences peut ainsi avoir un référent », confirme Mikaël Charbit.

Transparence et lisibilité

Six mois après l’installation de la direction des certifications professionnelles de France compétences, le nouveau système prend forme. Pour accompagner cette transformation, l’instance nationale de régulation a publié un certain nombre de notes de doctrine. Ce corpus permet à chaque certificateur de s’approprier les attendus des règles d’enregistrement et de partager des pratiques et un langage communs. « Nous travaillons sur la transparence et l’harmonisation du système de certification professionnelle », indique Mikaël Charbit.

Deux notes sur les niveaux de qualification et sur les critères de contrôle des process d’évaluation devraient bientôt venir enrichir cette base documentaire. La volonté de rendre plus lisible et transparente l’offre de certification passe aussi par la création de deux logos officiels pour le RNCP et le répertoire spécifique. Cette marque déposée à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) est accompagnée d’une charte graphique et d’un règlement d’usage. Autre levier pour structurer le marché, les référentiels et le réseau de partenaires du certificateur sont désormais publics et facilement accessibles.

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