Identifier l’évolution des compétences en lien avec la transition écologique

En ouverture du séminaire « Comment identifier et accompagner l’évolution des compétences en lien avec la transition écologique » organisé notamment par France Stratégie, la question de l’observation des enjeux emplois-compétences s’est posée, alors que le plan de relance place la transition écologique comme une préoccupation majeure.

Par - Le 01 octobre 2020.

De l’avis des acteurs invités à débattre, la maturité n’est pas au rendez-vous. La transition écologique impose une « reconversion intellectuelle » selon Dominique Méda, titulaire de la chaire Écologie, travail et emploi à la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH). Si l’Ademe estime à 600 000 le nombre d’emplois créés en 2030 pour ces métiers, et le WWF entre 1 à 2 millions, il faut s’attendre à de très amples mouvements de main-d’œuvre, entre les destructions et les créations d’emplois selon la sociologue, qui estime que la France ne sait pas très bien anticiper ces mouvements… Le réseau Action climat et la CFTC ont demandé en 2018 de lancer un « grand chantier d’analyse nationale des branches professionnelles, métiers et composition des compétences face aux transformations liées à la transition écologique », rappelle-t-elle, sans écho…

Peu d’emplois nouveaux

L’Ademe dresse depuis 2008 un état des lieux des marchés et des emplois associés aux principales filières concourant à la transition énergétique et écologique (transports, bâtiment résidentiel et énergies renouvelables) qui permet de « relativiser », selon l’économiste Thomas Gaudin, « le vase communicant entre les emplois perdus et créés ». Les « emplois verts » représentent 1% de l’ensemble et impactent directement 15% de la population active.

Pour Régine Chevalier, chargée de mission Anticipation et développement de l’emploi et des compétences à la DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle), les métiers verts sont à distinguer des métiers « verdis » : peu de nouveaux métiers à proprement parler émergent (directeur énergie, chargé d’affaires juridiques, etc.) mais il faut adapter les métiers. Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables, évoque le métier de « chef de projet », qui nécessite des compétences financières, techniques, etc. Et Aurore Médieu, responsable transition écologique à ESS France, signale les métiers de « valoriste » (professionnel du réemploi, du recyclage et de la valorisation), ou d’agenceur d’espaces de vente de seconde main.

Difficile dans ces conditions de chiffrer les formations et reconversions nécessaires… Alors que le sujet est plus qu’à l’agenda avec les lois énergie climat, la stratégie nationale bas carbone, la convention citoyenne pour le climat sur le terrain, la conversion est diffuse… Pourtant, les Edec sont des outils créés pour ce travail de diagnostic et de plans d’actions, et la DGEFP insiste pour que l’on y intègre la dimension de la transition écologique, au niveau granulaire des gestes professionnels. Une tâche considérable qui nécessiterait, selon Dominique Méda, que l’on conditionne les aides aux entreprises dans le cadre du plan de relance à leur engagement en matière de formation à cette nécessaire transition.

Ce séminaire a été organisé par France Stratégie, le Céreq et l’Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte (Onemev).

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