Dans les Hauts-de-France, une mandature de rattrapage avant tout

Estimant la région en retard en termes de qualifications de sa population, la majorité sortante dans les Hauts-de-France s’est attelée à les relever tout au long de la mandature. Le rapprochement des élections régionales, les 20 et 27 juin prochains, est l’occasion d’un bilan pour la vice-présidente sortante en charge de la formation professionnelle, Karine Charbonnier.

Par - Le 02 juin 2021.

« Nous avons constaté en début de mandat que nous étions la région la moins qualifiée de la France métropolitaine. » Dès lors, explique Karine Charbonnier, vice-présidente sortante du Conseil régional des Hauts-de-France chargée de la formation professionnelle, la stratégie de sa collectivité a été celle d’un « rattrapage » pour élever le niveau des qualifications sur le territoire.

Depuis le lancement du contrat de plan régional de développement des formations et de l’orientation professionnelles (CPRDFOP) en mars 2017, treize contrats de branche ont été signés avec « plus de 70 branches professionnelles ». Un cadre pour travailler les cartes de formation et, en définitive, renouveler le quart du catalogue régional. Aujourd’hui, avance Karine Charbonnier, « les statistiques de Pôle emploi montrent que 19 % des formations aux métiers verts et 16 % de celles aux métiers numériques sont dans les Hauts-de-France ». Seules les formations qualifiantes, inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), sont désormais prises en charge et les taux d’insertion ont été scrutés. « Nous avons mieux acheté nos formations et avons diminué de 25 % le coût moyen des parcours sans rien lâcher sur la qualité », se félicite la vice-présidente.

Alignement des priorités avec le Pric

Le plan régional d’investissement dans les compétences (Pric) signé en février 2019 est, selon elle, venu renforcer cette dynamique. « Ses priorités s’alignaient très bien avec celles que nous avions déjà mises en place, cela a représenté pour nous une augmentation de moyens sur des politiques déjà bien lancées dans la direction souhaitée. » L’État s’est engagé à verser 745  millions d’euros sur quatre ans.

Particularité de la région concernant les demandeurs d’emploi, elle est l’une des premières, depuis janvier 2021, à abonder automatiquement leur compte personnel de formation (CPF). Un « gros travail » a par ailleurs été conduit ces dernières années avec les Départements pour former les allocataires du revenu de solidarité active (RSA). Le recours aux certificats de connaissances et de compétences professionnelles (CléA) s’est développé dans ce cadre, atteignant aujourd’hui le taux de 18 % des CléA réalisés en France d’après Karine Charbonnier.

« Mission accomplie »

Côté apprentissage, la vice-présidente regrette un « manque » de statistiques depuis la mise en œuvre de la réforme de 2018. Mais en dépit de celle-ci et de ses effets décriés par les Régions, le travail des Hauts-de-France au sein du service public pour l’emploi local (Spel), instauré en 2016, se poursuit dans le but de soutenir les classes d’apprentissage en difficulté de recrutement. Les contrats de branche signés dans le cadre du CPRDFOP favorisent ce travail.

Au sortir de ce mandat, Karine Charbonnier s’estime en « mission accomplie » et considère que « la bonne période pour refaire l’exercice du CPRDFOP et porter l’ambition un peu plus loin » approche. Elle juge d’ores et déjà que les travaux conduits dans ce cadre facilitent la mise en œuvre du plan jeunes de France Relance.

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