Les formateurs indépendants veulent peser dans la relance

Le syndicat des consultants formateurs indépendants (Sycfi) se mobilise pour l’accompagnement des entreprises, a affirmé sa présidente Martine Guérin lors d’une conférence de presse le 26 janvier, organisée la veille de l’ouverture de ses assises nationales. Le syndicat entend participer activement à la reprise économique, en dépit de certains freins qui persistent.

Par - Le 28 janvier 2021.

« Compte tenu de la situation actuelle, des bouleversements en cours, le Sycfi ne pouvait pas rester inactif », explique Martine Guérin, présidente du Sycfi. En réponse aux conséquences de la crise sanitaire, le syndicat a décidé d’ouvrir ses assises nationales organisées les 27 et 28 janvier au monde économique et social. Objectif : lancer avec cet évènement une mobilisation pour accélérer la reprise économique en France.

« Force de frappe » de la formation professionnelle

Le Sycfi entend également faire passer un message : les formateurs indépendants devront être en 2021 des acteurs incontournables des actions destinées à soutenir la relance. « A eux seuls [ils] constituent 70 à 75 % des opérateurs de terrain de la formation professionnelle en France », rappelle Martine Guérin, qui s’appuie sur les résultats d’une étude réalisée par le Carif-Oref de Normandie. « Nous sommes la force de frappe de l’appareil de formation en France, une ‘’task force’’ pour la formation professionnelle et le développement des compétences », complète-t-elle. En cette période de crise, les formateurs indépendants peuvent notamment faire valoir leurs qualités de proximité, d’adaptabilité et de réactivité. « La plus-value du CFI (consultant formateur indépendant) est qu’il est probablement le seul à maîtriser le processus d’accompagnement et de formation de A à Z. […] Il peut réagir immédiatement sans avoir besoin de l’accord d’un N+1 et faire appel à son réseau, sans délais, car il est souple », expose Jean-Louis Vincent, administrateur du Sycfi.

Freins à l’action

« Nous avons les pouvoirs d’agir, dès lors que nous pouvons travailler et que la technostructure administrative nous en ouvre les moyens », prévient néanmoins Martine Guérin. Selon la présidente du Sycfi, des freins persistent à l’implication des formateurs indépendants dans le plan de relance. En premier lieu, les contraintes des marchés publics. « C’est un problème qui n’a rien de nouveau. [Ils] nous écartent d’office, en raison notamment de leurs critères sur la surface des locaux ou l’antériorité du chiffre d’affaires », explique-t-elle. Le GMEL (groupement momentané d’entreprise libérale) peut néanmoins permettre à des formateurs indépendants de répondre à des marchés publics et appels à candidatures privés sous forme de co-traitance. Mais Martine Guérin pointe également le problème de stéréotypes sur les capacités professionnelles des formateurs indépendants et la non-considération des organisations professionnelles. « Le Sycfi est non paritaire. C’est un choix : pour accompagner les changements il faut être à côté de la structure. L’inconvénient c’est que nous ne sommes pas reconnus par les branches professionnelles », explique-t-elle. Le syndicat a néanmoins adopté une posture de co-construction avec le ministère du Travail, d’abord pour préparer la loi Avenir professionnel de 2018 et aujourd’hui autour de la modernisation du dialogue social.

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