Contrats d’apprentissage : Elisabeth Borne ambitionne de conserver « le même niveau que l’année dernière »

En visite au salon Jeunes d’avenirs, Élisabeth Borne s’est montrée confiante sur l’attractivité de l’apprentissage dans les mois à venir, alors que le gouvernement réfléchit au futur revenu d’engagement pour les jeunes.

Par - Le 16 septembre 2021.

Maintenir la dynamique de l’apprentissage ; rassurer les organisations patronales sur le futur revenu d’engagement pour les jeunes. Tels sont les deux messages que la ministre du Travail, Élisabeth Borne, a fait passer mardi 14 septembre à l’occasion d’une visite du salon Jeunes d’avenirs, organisé par le groupe AEF info, dont la 9ème édition s’est tenue à Paris les 14 et 15 septembre. Rappelant que 525 000 contrats d’apprentissage ont été signés en 2020, la ministre du Travail a déclaré que son objectif était de conserver « au moins le même niveau que l’année dernière ». Pour le moment, « nous relevons des signaux positifs, nous sommes en avance par rapport à l’année dernière », s’est-elle réjouie, tout en admettant qu’« il est difficile de savoir si la courbe va se poursuivre ». Élisabeth Borne a précisé qu’elle serait attentive à « booster le parcours des jeunes suivant des formations de niveau Bac et infra-Bac car il y a des besoins de recrutement dans ces métiers ».

Éviter une effet couperet en prolongeant la prime

Pour tenir cette trajectoire, la ministre du Travail compte notamment sur la prolongation, jusqu’au 30 juin, de la prime à l’embauche des alternants. Annoncée le 6 septembre par le Premier ministre Jean Castex, cette prolongation « donne de la visibilité » aux employeurs ; elle évite un effet « couperet », a expliqué la ministre. Si la prolongation de la prime dans la fonction publique territoriale, principal employeur public d’apprentis, n’est pas encore actée, Élisabeth Borne s’est montrée confiante.

Malgré l’exceptionnel dynamisme de l’apprentissage, malgré le fait que « trois millions de jeunes aient trouvé une solution », malgré un retour à un taux de chômage des jeunes « au même niveau qu’avant la crise » sanitaire grâce à la « mobilisation des entreprises » et au plan « Un jeune, une solution », la ministre du Travail estime qu’« on ne peut pas se satisfaire qu’il reste un million de jeunes sans emploi ni formation ». C’est justement la cible du revenu d’engagement (REJ) pour les jeunes, annoncé par le Emmanuel Macron le 12 juillet. Son contenu et son nom (« REJ » ou « contrat d’engagement ») ne sont pas encore connus dans le détail.

Pas de concurrence avec l’apprentissage

Il s’agira d’un « accompagnement exigeant sur la base d’un contrat donnant donnant et pour une durée limitée dans le temps », a précisé le Premier ministre à l’issue du séminaire de rentrée du gouvernement, le 8 septembre. Le futur dispositif, auquel les partenaires sociaux n’ont pas été associés en amont, fait craindre au patronat une perte d’attractivité de l’apprentissage. Un de ses représentants analyse ainsi dans Les Échos qu’un revenu d’engagement de 500 euros correspond à peu près à ce que perçoit un apprenti en première année. Pour Élisabeth Borne, le REJ doit au contraire « permettre à un jeune qui n’entrerait pas naturellement en apprentissage d’y accéder grâce à un accompagnement : ateliers collectifs, prépa apprentissage ». Des arguments qu’elle exposera prochainement à l’U2P, après avoir déjà rencontré le Medef et la CPME.

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