Mentorat pour entrepreneurs : « Ca dédramatise les situations traversées »

Le mentorat a le vent en poupe. Après l’annonce d’Emmanuel Macron, début mars, de la création du dispositif « 1 jeune, 1 mentor », c’est au tour du Réseau Mentorat France de s’engouffrer dans la brèche avec la première édition – virtuelle – du Sommet du mentorat France-Québec à destination des entrepreneurs, qui a démarré le 22 mars et se poursuit jusqu’au 26 mars.

Par - Le 24 mars 2021.

« Le mentorat est l’accompagnement entre pairs, destiné à soutenir les mentorés que sont les entrepreneurs en phase de lancement, de croissance ou de repositionnement. Les mentors sont des entrepreneurs expérimentés qui partagent bénévolement leur expérience », définit Marius Brisson, journaliste, entrepreneur et mentor québécois.

En France, ils seraient 2 000 entrepreneurs accompagnés par plus de 500 mentors. Réseau Mentorat France entend doubler le nombre de mentorés d’ici cinq ans. « Dans le contexte actuel, profiter de l’appui d’un mentor, de sa vision pour faire grandir son entreprise, est encore plus déterminant », commente Michèle Boisvert, déléguée générale du Québec à Paris. Elle poursuit : « Le mentorat aide à passer le cap des cinq ans pour une entreprise et à doubler son taux de survie, à s‘en sortir mieux que sans accompagnement. »

Le mentor : pas là pour donner des réponses

Attention aux raccourcis : le mentor n’est pas là pour fournir toutes les réponses à son protégé. Sa fonction s’apparente à celle d’un guide spirituel. « Le mentor a pour mission d’ouvrir le champ des possibles par le questionnement, d’aider l’autre à grandir, détaille Dominique Restino, président de Réseau Mentorat France, il n’a aucune réponse. Ce n’est pas un psy. Il travaille le savoir-être de son mentoré, et non son savoir-faire. » Pas de hiérarchie entre les deux parties, précise-t-il, « le mentor apprend autant que le mentoré. Cette alchimie et ce partage d’expériences les place sur le même plan. » D’autres intervenants n’hésitent pas à parler de « sphère de confiance » permettant d’éviter le piège « de la solitude et les angoisses » devant les prises de décisions.

Les qualités requises pour endosser le rôle de mentor au sein du Réseau Mentorat France ? Avoir dix ans d’expérience comme entrepreneur, manager des collaborateurs au quotidien et vouloir s’engager bénévolement pour partager son vécu. « Ainsi que de l’écoute, de la bienveillance, de la sincérité et de la solidarité. Tout entrepreneur ne peut être mentor ou mentoré, cela nécessite une posture », précise Julia Barreteau, animatrice régionale du Réseau Mentorat France (Occitanie).

Relation sans « aucun filtre »

Lors de cette première journée de conférences, des mentorés sont intervenus pour exposer les effets bénéfiques du mentorat. Idir Ait Si Amer, PDG de Tracktor, évoque : « Avec mon mentor, on aborde tous les sujets sans aucun filtre, en toute transparence. Ça dédramatise les situations traversées, car d’autres l’ont vécu et nous donnent les clés. On se sent vraiment grandir. Pour que ça marche, il faut un minimum de structure : combien de fois va-t-on se voir par mois ? Quels seront les axes de travail ? »

De son côté, Noémi Harvey présidente et cofondatrice de Productions RN, dresse le portrait d’une relation où la maturité est au rendez-vous. « Je suis une femme d’action, je vais à 110 km/h. Je ne prends jamais le temps de m’élever au-dessus de mon entreprise pour me poser les bonnes questions. Au démarrage de ma première entreprise, ça ne marchait pas. Mon mentor, le même depuis cinq ans, m’a appris à être plus objective dans mes décisions. Il me challenge et me recentre. Je suis passée de designeuse de mode à femme d’affaires. »

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