Nouvelle-Aquitaine : « 20 à 30 % des demandeurs d’emploi formés en plus, et un retour à l’emploi proche de 70 % » (Alain Rousset)  

Même s’il regrette que les régions aient perdu une partie de leurs prérogatives en matière de formation, le président de l’exécutif de Nouvelle Aquitaine Alain Rousset fait valoir ses résultats en matière de formation des chômeurs et de retour à l’emploi.

Par - Le 31 mai 2021.

« Globalement positif » : voilà comment Alain Rousset qualifie le bilan, sur son dernier mandat, du contrat de plan régional de développement des formations et de l’orientation professionnelles. Le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, en place depuis 1998 — quand le territoire était encore seulement l’Aquitaine —, avance deux statistiques essentielles à ses yeux : « 20 à 30 % des demandeurs d’emploi formés en plus, et un retour à l’emploi proche de 70 %. » Pour autant, Alain Rousset estime que des pistes d’amélioration existent : « car il faut en finir avec ce paradoxe à la française, d’un chômage important qui cohabite avec des besoins énormes en compétences de la part des entreprises. Cela passe forcément par un effort de formation à fournir. »

Sans doute plus encore dans cette période de crise sanitaire, où beaucoup d’entreprises doivent faire face à de grandes difficultés économiques et repenser, parfois, leur cœur de métier. « C’est le cas des sous-traitants aéronautiques, contraints de se diversifier s’ils veulent survivre. »

Deuxième point mis en avant par l’ancien député socialiste de Gironde, les campus des métiers. « La Région a été un peu innovante sur le sujet, notamment avec Aérocampus. Nous allons dupliquer ce modèle avec le ferroviaire, à Saintes, et le naval, entre Rochefort et La Rochelle. » Enfin troisième motif majeur de satisfaction, pour Alain Rousset, la modernisation des centres de formation d’apprentis, « principalement entre 2015 et 2017, quand la région a eu cette compétence. Les dépenses ruisselaient alors des grands groupes vers les TPE et les artisans, qui représentent sur le territoire 70 % de la taxe d’apprentissage. Il y a désormais une vraie inquiétude sur les difficultés financières de France compétences ».

Aérocampus, l’exemple

En dépit de cette perte de compétences, de l’irruption de nouveaux opérateurs privés du conseil en évolution professionnelle et de circonstances particulières, dont la crise sanitaire, le président de l’exécutif régional se veut optimiste sur sa capacité à agir en faveur de la formation. « Nous avons mis en place depuis longtemps une co-construction de l’apprentissage avec les branches professionnelles, via des contrats de branches pour analyser les besoins en recrutement, en compétence, pour avoir de la visibilité. La Région a un rôle fort à jouer pour accompagner ces apprentis dans leur déplacement, dans leur recherche de logement, dans le financement de leur matériel. Il n’en reste pas moins que la formation devrait être totalement une compétence de la région, selon moi », martèle Alain Rousset, opposant farouche et de longue date à tout ce qui peut ressembler à du jacobinisme. « J’ajoute que ces opérateurs privés ne doivent pas céder à la pression des grands groupes, car cela pourrait tuer les petits artisans. »

Intermédiation

Concernant enfin la formation des demandeurs d’emploi, Alain Rousset rappelle les actions de la région en la matière et notamment leur financement : « nous avons augmenté leurs indemnités de 30 %. Mais plus largement, nous avons aussi mis en place une intermédiation entre les entreprises et les stagiaires de la formation professionnelle, pour que les besoins soient le mieux pourvus possible. » Ce bilan qu’il juge « globalement positif », Alain Rousset le défend sur le terrain ces jours-ci ; : il est candidat à sa propre succession.

 

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