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Jusqu’où ira la réforme de la VAE ?

Lors d’une journée organisée récemment au Conservatoire national des arts et métiers à l’occasion des 20 ans de la validation des acquis de l’expérience, Olivier Gérard, chef du projet Reva lève un voile sur la future réforme de ce dispositif plébiscité mais sous-exploité. Accompagnement de 130 heures, droit opposable à la tenue d’un jury, instauration d’architectes de parcours…des pistes qui annoncent une transformation de rupture.

Par - Le 29 septembre 2022.

La VAE devrait connaître son « big bang ».  C’est en tout cas la promesse du gouvernement qui se fixe un objectif ambitieux pour 2027. A la fin de la mandature, l’exécutif espère atteindre un rythme de 100 000 parcours par an contre à peine 30 000 aujourd’hui. La journée organisée au Cnam le 23 septembre à l’occasion des 20 ans de la VAE, donne une idée plus précise de la transformation de ce dispositif revenu en force sur le devant de la scène.  On en connaît les grandes lignes. « Nous avons identifié les différents points de blocage et travaillons à les lever. La deuxième phase de l’expérimentation Reva préfigure la réforme à venir », rappelle Olivier Gérard, chef du projet Reva au sein de l’incubateur d’Etat béta.gouv.fr. Des évolutions sont acquises et certaines d’entre elles sont déjà à l’agenda des parlementaires.

Un accompagnement de 130 heures

La phase de recevabilité trop complexe et trop écrite sera supprimée. L’accompagnement du candidat, pierre angulaire d’une VAE rénovée, serait totalement repensé. Conduit par un « architecte de parcours », d’une durée de 130 heures (contre une moyenne de 24 heures aujourd’hui), il se déploiera tout au long de la démarche, de l’étape de faisabilité, à la préparation de l’examen, en passant par la construction éventuelle de parcours de formation modulaires et un entretien post-examen.  Pour simplifier la démarche, l’accompagnement bénéficiera d’un financement unique et une plateforme, en cours de construction, fera office de portail unique de la VAE. Un nouveau marché de la VAE devrait donc naître de la réforme, suscitant intérêt et inquiétude.

Qui seront les architectes de parcours ?

A commencer par le profil des futurs « architectes de parcours ». Certificateurs et spécialistes de l’accompagnement se disputent la légitimité. « Il s’agit d’un métier spécifique qui se distingue de celui de certificateur et qui mériterait de répondre un cahier des charges », déclare Claire Khecha, déléguée générale des Acteurs de la compétence (ex-FFP) et co-auteur avec Yanic Soubien, et David Rivoire du dernier rapport sur la VAE. Pour les certificateurs, l’expertise des référentiels des certifications visées est un élément essentiel dans la réussite d’un parcours VAE et les désigne naturellement pour le mettre en œuvre. Pour Olivier Phelip, directeur général d’Uniformation, l’Opco de la cohésion sociale, partie prenante de la deuxième phase de l’expérimentation Reva, « il faut bien connaître la filière professionnelle. Les entreprises ont toute leur place dans ce dispositif surtout pour les premiers niveaux de certifications professionnelles ». De son côté, Olivier Gérard assure que rien n’est tranché.  « Nous n’avons pas d’idées préconçues. Nous allons tester les deux options lors de l’expérimentation ».

Le casse-tête des jurys

Autre axe de la réforme en cours de réflexion, l’organisation des sessions d’examens. Les certificateurs éprouvent de grandes difficultés à recruter et organiser les jurys. Les candidats attendent parfois jusqu’à 10 mois. Une situation incompatible avec la montée en puissance attendue de la VAE. Afin de lever ces freins, la réforme pourrait introduire un droit opposable à la tenue d’un jury sous un délai fixé à 2 à 3 mois. Cette épée de Damoclès juridique ne suffira pas. « Il faut innover et faire évoluer les profils des membres du jurys », admet Olivier Gérard. Des points comme l’octroi au candidat de la VAE du statut de stagiaire de la formation professionnelles sont également en cours de réflexion. Si la réforme va jusqu’au bout, la VAE deviendra un nouveau levier de formation et de mobilité professionnelle, un nouvel outil au service de la transformation des compétences et des métiers.

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