La Poste intègre en contrat d’apprentissage 85 % des personnes passées par sa prépa-apprentissage

La Poste a présenté à la ministre du Travail Élisabeth Borne, jeudi 22 octobre, un bilan de sa prépa-apprentissage. Ce dispositif porte ses fruits en matière de sécurisation des parcours mais pourrait être encore amélioré, selon ce retour d’expérience. Un sujet sur lequel travaille le Haut-Commissariat aux compétences.

Par - Le 23 octobre 2020.

« La découverte des métiers, c’est fondamental. Il faut la faciliter le plus possible. L’expérimentation des prépa-apprentissage y participe », a commenté Élisabeth Borne, ministre du Travail, à l’écoute du bilan de la prépa-apprentissage de La Poste présenté le 22 octobre dans les locaux de Formaposte Ile-de-France, le centre de formation en alternance du groupe, situé à Saint-Denis (Seine Saint-Denis).

170 heures de remise à niveau

Concrètement, explique Pascal Picaut, directeur de Formaposte, 26 personnes de 18 à 47 ans ont bénéficié de ce dispositif de juin à septembre 2020. Plus de 100 personnes s’étaient présentées à la sélection. Les 26 personnes proviennent aussi bien de métropole que des DOM. Durant deux mois, elles ont bénéficié de 170 heures de remise à niveau et de renforcement du socle de compétences, ainsi que d’actions de développement du professionnalisme et de l’intelligence sociale. Puis, durant un mois, elles ont suivi un stage d’immersion dans un bureau de poste d’Ile-de-France dans un des trois métiers à choisir : facteur, logistique-transport, relation clientèle. Point particulier : 45% des personnes viennent de quartiers prioritaires de la politique de la ville, ce qui est un des objectifs de l’opération.

« Le bilan positif de la prépa-apprentissage se mesure au taux de transformation en contrat d’apprentissage (85%) mais aussi à la baisse de 20 % du taux de rupture. A chaque fois c’est un jeune sauvé », se félicite Pascal Picaut, qui annonce une prochaine promotion en mars 2021. « L’apprentissage du respect des horaires et des compétences comportementales est fondamental dans le processus », ajoute Yves Arnaudo, président de Formaposte Ile-de-France.

Un statut à clarifier

« Il faut quand même améliorer la formule », affirme Pascal Picaut : travailler plus en amont avec les Missions locales et Pôle emploi sur le « sourcing » ; clarifier le statut des personnes qui ne peuvent bénéficier de celui de stagiaire de la formation professionnelle ; et offrir une rémunération à tous, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. « Nous y travaillons car nous sommes convaincus que la prépa-apprentissage est le bon format pédagogique pour développer l’apprentissage et l’insertion des jeunes », a répondu Carine Seiler qui remplace Jean-Marie Marx au Haut-Commissariat aux compétences.

Une analyse plus poussée des sorties post-prépa-apprentissage sera menée, notamment pour identifier ce que deviennent ceux qui ne poursuivent pas le processus. « 1000 expérimentations de prépa-apprentissage sont en cours et concernent 16 000 personnes, a indiqué Élisabeth Borne. Les objectifs du gouvernement restent d’atteindre 20 000 personnes à la fin 2020, et 75 000 en fin 2022. Nous appelons les branches professionnelles à la mobilisation. »

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