Le 5 avril 2022, lors du webinaire « Partenariats entre organismes de formation et certificateurs, clés pour la réussite ». Mikael Charbit, directeur de la certification professionnelle de France compétences, et Olivier de Lagarde, président du Collège de Paris.

Les certifications professionnelles, actif stratégique (Centre Inffo)

Devenues un élément clé du modèle économique, les certifications professionnelles font naître un nouveau marché. Les nouvelles règles d’enregistrement et la montée en puissance de la régulation de France compétences accélèrent la professionnalisation des certificateurs et de leur réseau de partenaires. Décryptage et témoignages lors de la Master class organisée par Centre Inffo mardi 5 avril.

Par - Le 07 avril 2022.

Indispensables pour mobiliser la plupart des dispositifs de formation, au premier rang desquels le compte personnel de formation, les certifications professionnelles deviennent un actif stratégique. Face aux nouvelles exigences d’enregistrement aux répertoires nationaux et d’une régulation renforcée, de plus en plus d’organismes de formation choisissent de rejoindre le réseau d’un certificateur. Mais là aussi, les règles de ces partenariats se sont durcies et se structurent autour des attendus de France compétences. Lors de la Master class organisée par Centre Inffo le 5 avril, Mikaël Charbit rappelle les enjeux.

« Le certificateur est le premier niveau de responsabilité. Ouvrir sa certification aux partenariats offre des opportunités de développement et peut s’inscrire dans leur modèle économique à travers la redevance. Mais cette démarche doit répondre à un process qualité ».

Selon le directeur de la certification professionnelle de France compétences, Le CPF est, à cet égard, très structurant. La multiplication des fraudes, l’intensification de la régulation et l’accélération des actions de contrôle font émerger des dysfonctionnements. On évalue ainsi à plus de 50% les taux d’anomalies rien que sur les intitulés de formation. Au risque de fragiliser le système et la crédibilité des certifications professionnelles, une prise de conscience de conscience collective est nécessaire. Les certificateurs se retrouvent en première ligne.

Vers une professionnalisation du métier de certificateur

Dans une note publiée en février 2020, France compétences pose le socle de leurs obligations. « Les règles y sont clairement définies notamment en matière d’harmonisation des pratiques au sein de leur réseau et sur les process de contrôles. La convention de partenariat précise le rôle respectif de chacune des parties prenantes. Il est conseillé de la faire valider par un juriste », note Valérie Hellouin, consultante senior à Centre Inffo. Garant de la qualité de sa certification, le certificateur ne doit pas simplement investir dans son expertise en ingénierie. Il doit également mobiliser des compétences d’animation et de pilotage de ses partenariats. Du recrutement des candidats à l’habilitation, à la conception des conventions en passant par le suivi et l’accompagnement, ses missions se sont élargies. Ce nouveau cadre exigeant a poussé les branches professionnelles du bâtiment à professionnaliser la gestion de leur 82 CQP (certificat de qualification professionnelle) en la confiant, depuis 2017, au CCCA-BTP. Responsable de sa certification, le certificateur doit également mettre en place des process et des outils de contrôle de son réseau à travers des audits, des remontées d’information ou encore des visites sur site. France compétences attend des éléments de preuve de ces actions et d’éventuels plans correctifs. « Il est important que le certificateur dispose, en cas de dysfonctionnement avéré, de leviers de retrait du réseau », confirme Mikaël Charbit.

Vers des partenariats stratégiques

Si ce contrôle doit porter sur tous les champs, l’insertion professionnelle des stagiaires fait, en général, partie des indicateurs les plus sensibles, scrutés de près par le certificateur. Un des points de vigilance identifié à la fois par les autorités de régulation et les têtes de réseau réside dans la communication, véritable vitrine de la certification. Entre les efforts nécessaires de marketing et un cadre juridique strict, les marges de manœuvre sont serrées. Or, trop de partenaires renseignent encore mal l’intitulé de la certification ou se prétendent habilités sans l’être. Un nouvel outil testé depuis le 5 avril par la CDC devrait aider les certificateurs dans leur mission (voir encadré). « Nous demandons systématiquement à recevoir les brochures et surveillons les sites de nos partenaires », précise Olivier de Lagarde, président du Collège de Paris. Cette communauté d’écoles de l’enseignement supérieur cherche à nouer des partenariats stratégiques pouvant aller jusqu’à la co-certification dans lesquels l’organisme apporte une valeur ajoutée.

 

La CDC met à disposition des certificateurs un outil de régulation

Le 5 avril, la CDC lance, en mode test, une nouvelle plateforme à destination des plus grands réseaux de certificateurs. Ces derniers pourront ainsi avoir accès à l’ensemble du catalogue de formations du CPF. Grâce à des outils automatisés d’analyse de données, les propriétaires de certifications professionnelles pourront ainsi plus facilement contrôler les pratiques de leurs partenaires habilités sur un marché très concurrentiel et surveillé de près par les régulateurs publics

 

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