CPF : l’offre de certifications au Répertoire spécifique réduite de 70%

La régulation du CPF par les certifications professionnelles donne sa pleine mesure et porte une restructuration du marché. Le blocage automatique d’actions de formation n’ayant pas obtenu leur renouvellement aux répertoires nationaux ou non habilitées par un certificateur a réduit l’offre du Répertoire spécifique de 70%. Eclairage avec Mikaël Charbit, directeur des certifications professionnelles de France compétences.

Par - Le 17 mars 2022.

En ce début d’année 2022, la refonte des certifications professionnelles joue à plein son rôle de régulation. Après deux ans de structuration du nouveau système, d’appropriation des règles d’enregistrement aux répertoires nationaux plus rigoureuses et exigeantes, le couperet tombe. Sur le marché très actif du CPF, l’impact a été amplifié par la mise en place, courant janvier , d’un système de déréférencement automatique d’offres ne respectant pas les conditions d’éligibilité.

Déréférencement automatique

L’interconnexion des systèmes d’information entre la Caisse des dépôts et France compétences permet ainsi de bloquer un prestataire de formation dont la certification professionnelle n’a pas été renouvelée ou n’ayant pas signé une convention d’habilitation avec un certificateur. « Dans un délai de 24 à 48 heures, l’offre n’apparaît plus sur la plateforme », confirme Mikaël Charbit, directeur des certifications professionnelles de France compétences. Les effets se sont vite fait sentir. Au total, l’offre de certifications du Répertoire spécifique (RS) mobilisées dans le cadre du CPF a été réduite de 70%. Dans le même temps, les habilitations enregistrées dans les fiches de France compétences sont passés de 89 000 à 170 000. L’ampleur du phénomène traduit un alignement accéléré des acteurs avec les attendus de la réforme de 2018.

Une régulation à deux vitesses

Les chiffres masquent toutefois des réalités différentes. « Il y a une différence entre l’offre de certification privée et publique », note Mikaël Charbit. La refonte des certifications professionnelles mise en ouvre  par France compétences depuis le 1er janvier 2019 ne s’applique qu’aux certificateurs privés. Les nouvelles règles d’enregistrement leur imposent de déclarer la liste de leurs partenaires habilités, d’intégrer dans leurs conventions un certain nombre d’exigences de qualité et de les faire respecter au sein de leur réseau.  Si un organisme de formation propose une certification sans être dûment habilité ou si un certificateur n’a pas mis à jour sa liste auprès de France compétences, son offre est désormais automatiquement bloquée sur la plateforme CPF. Le métier de certificateur se professionnalise. « Les pratiques des certificateurs sont encore hétéroclites mais certains sont entrés dans la logique », observe Mikaël Charbit.

Vers une harmonisation des certifications privées et publiques

La situation des certifications publiques enregistrées de droit est différente. Soumises à d’autres process d’accréditation, elles bénéficient d’une dérogation transitoire durant laquelle un message sur la plateforme alerte simplement les utilisateurs. Un signal suffisamment fort pour faire bouger les lignes. « Nous travaillons sur une charte dont les exigences seraient équivalentes à celles des conventions d’habilitation du privé », confirme Mikaël Charbit. Un premier pas vers une harmonisation plus large des pratiques privées et publiques en matière de construction des certifications professionnelles ? C’est en tout cas le souhait de France compétences et un des axes potentiels d’amélioration de la réforme de 2018.

Vers un resserrement de l’offre inscrite au RS

Autre fait marquant de la régulation, la montée en compétences des certificateurs positionnés sur l’ex-Inventaire dont les certifications arrivaient à échéance au 31 décembre 2021. Le taux d’acceptation des dossiers de renouvellement reste faible (35%) sur le RS. Or, pour beaucoup d’organismes de formation, ce répertoire représente une porte d’entrée sur le marché du CPF. Le portefeuille du RS va désormais très vite évoluer. On peut anticiper un resserrement de l’offre et une nouvelle dynamique autour des habilitations.  « Les grandes catégories persistent mais on note la disparition de certifications de niche et un resserrement des formations aux soft skills », confirme Mikaël Charbit.

Le renouvellement des certifications nées avec la réforme

Une autre étape devrait encore accentuer la transformation du RS. Les certifications enregistrées après le 1er janvier 2019 arrivent progressivement à l’échéance de leur renouvellement. Les certificateurs devront alors démontrer leur pertinence sur le marché du travail et leur efficacité. France compétences insiste. « Nous serons très vigilants sur la mise en œuvre des référentiels, le retour des entreprises, la typologie des publics, la communication sur le CPF ou encore les taux d’abandon, de présentation et de réussite aux examens ». Comme elle le fait depuis le début du déploiement de la réforme, l’instance de régulation précisera, si nécessaire, ses attendus.

 

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