L’opérateur de compétences de l’agriculture et de l’agroalimentaire entre en piste

Ocapiat fait partie des onze opérateurs de compétences agréés par le ministère du Travail. Le nouvel ensemble structuré autour du Fafsea et d’Opcalim réunit 43 branches professionnelles de l’agriculture, de la pêche et de l’agroalimentaire. Pour le Quotidien de la formation, l’équipe aux manettes de ce nouvel organisme paritaire fait le point sur sa feuille de route.

Par - Le 10 avril 2019.

Le Quotidien de la formation – Quel est le périmètre d’intervention d’Ocapiat ?

Dominique Braoudé, président d’Ocapiat

Dominique Braoudé, président d’Ocapiat – Ocapiat représente 43 branches professionnelles relevant de l’agriculture, de la pêche, de l’industrie agroalimentaire et des services à l’agriculture concourant au développement des territoires. La plupart d’entre elles étaient adhérentes du Fafsea ou d’Opcalim. Le périmètre du nouvel ensemble correspond à peu près à celui des deux Opca réunis. À quelques exceptions près. Cinq branches, comme l’alimentation de détail, se sont tournées vers d’autres opérateurs. Mais d’autres branches nous ont rejoints. C’est le cas, par exemple, de la pêche, de la conchyliculture, de  l’expédition et l’exportation de fruits et légumes, de l’industrie de transformation des volailles, du négoce et des industries des produits du sol et des produits connexes, du négoce en animaux vivants.

QDF – Où en êtes-vous dans la construction du nouvel ensemble ?

Éric Pommageot, secrétaire général d’Ocapiat – Le premier conseil d’administration a eu lieu le 19 mars. Un bureau a été élu. Un directeur général a été nommé. Les instances nationales et locales se mettent en place. Et les premières décisions ont été prises. Le conseil d’administration a ainsi validé les règles de prise en charge pour les différents dispositifs de formation. Et des mandats de gestion ont été confiés au Fafsea et à Opcalim afin d’assurer une continuité de service en attendant l’intégration des deux structures au sein d’Ocapiat en fin d’année. D’ici là, il reste encore des travaux à mener. Mais depuis le 1er avril, nous sommes en ordre de marche, contrairement à d’autres opérateurs qui ont encore des questions politiques ou techniques à régler.

QDF – Comment avez-vous abordé la question des règles de prise en charge ?

Jonathan Emsellem, directeur général d’Ocapiat

Jonathan Emsellem, directeur général d’Ocapiat – Les règles de prise en charge ont été validées par les administrateurs selon la logique suivante : à chaque fois qu’il y a des points de convergence, des règles communes sont établies pour l’ensemble des acteurs. Pour le compte personnel de formation, par exemple, une règle commune de prise en charge avec un abondement jusqu’à 4 000 euros a été actée. Grâce aux décisions prises par les partenaires sociaux le 19 mars, nous sommes en mesure de prendre de nouveaux engagements et de financer les dossiers de formation de l’ensemble des branches adhérant à Ocapiat qu’elles viennent du Fafsea, d’Opcalim ou d’un autre opérateur. Pour les dossiers déposés avant le 1er avril, nous organisons le transfert des engagements en veillant à ce qu’il n’y ait pas de rupture de prise en charge.

QDF – Quels sont pour vous les impacts les plus importants de cette réforme ?

Dominique Braoudé – Tout est impactant. Les Opca deviennent des opérateurs de compétences. À terme, ils ne collecteront plus les contributions mais répartiront des fonds. À ces modifications  structurelles s’ajoutent des évolutions des dispositifs. Tout est à faire en même temps. Mais nous sommes aujourd’hui en mesure d’assurer une continuité de service. Il n’y aura pas de trou d’air. Même s’il y a encore un manque de visibilité sur la façon dont les entreprises et les salariés vont s’approprier la réforme. C’est à nous maintenant de faire notre travail et d’inciter à développer la formation.

QDF – Par quel biais, sachant que le périmètre de mutualisation des fonds se limite maintenant aux entreprises de moins de 50 salariés ?

Dominique Braoudé – Une des réponses, c’est le service de proximité. Avec les implantations du Fafsea et d’Opcalim, nous disposons de 30 antennes dans les territoires.

Eric Pommageot, secrétaire général d’Ocapiat

Éric Pommageot – L’esprit de la réforme c’est la proximité. Nous allons investir massivement dans les territoires pour accompagner les entreprises dans l’analyse et la définition de leurs besoins en formation. Le fait que les employeurs aient moins accès à certains fonds mutualisés ne veut pas dire qu’ils se détourneront de leur opérateur de compétences. La formation reste obligatoire et s’avère indispensable pour le développement des entreprises. Les besoins en conseil demeurent. Sans compter que la reconnaissance de nouvelles modalités d’apprentissage comme la formation en situation de travail vont faire émerger de nouvelles demandes d’accompagnement.

QDF – Êtes-vous assez outillés et disposez-vous des compétences suffisantes pour exercer vos nouvelles missions ?

Dominique Braoudé – Dans le domaine de l’appui aux branches en gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, il va nous falloir développer nos observatoires et avoir une vision plus locale pour mieux tenir compte des besoins dans les territoires. L’appui aux branches en matière de certification professionnelle requiert une certaine expertise. Au niveau des équipes, des collaborateurs seront sans doute amenés à évoluer. Nous aurons peut-être aussi à recruter de nouvelles compétences. Mais notre objectif est de maintenir le niveau d’effectif, 370 personnes actuellement, car nous avons des marges de développement dans de nombreux domaines. Il y a du travail pour tout le monde.

QDF – L’organisation du bureau d’Ocapiat est atypique. La présidence et la vice-présidence reviennent au collège employeurs.

Dominique Braoudé – L’organisation est différente dans son énoncé mais similaire à d’autres dans son fonctionnement paritaire. La  particularité d’Ocapiat est que sa présidence paritaire est composée du président et du secrétaire général. L’alternance se fait tous les trois ans entre les fonctions de président et de vice-président d’un côté, et celles de secrétaire général et de secrétaire général adjoint de l’autre.

Ocapiat en chiffres

43 branches professionnelles réparties en trois commissions paritaires sectorielles :

  • exploitations agricoles et acteurs des territoires
  • industrie alimentaire et coopération
  • production marine

183 000 entreprises et dirigeants non salariés

1 340 000 salariés

515 millions d’euros de collecte au titre de la formation professionnelle en 2017 (sur le périmètre du Fafsea et d’Opcalim)

 

Centre Inffo vous conseille également

Découvrez nos newsletters