Plan de relance : la Région Ile-de-France va inciter les demandeurs d’emploi à se former aux métiers en tension

Dans « l’acte 1 » de son « plan de relance économique, écologique et solidaire », la Région Île-de-France va consacrer 230 millions d’euros au renforcement et à la modernisation de l’offre de formation. Des mesures en faveur des jeunes et des apprentis sont également au programme.

Par - Le 02 juin 2020.

La Région Île-de-France entend « jouer pleinement son rôle d’amortisseur de crise » en lançant « l’acte 1 » de son « plan de relance économique, écologique et solidaire » qui sera soumis au vote le 11 juin. Présentées par sa présidente, Valérie Pécresse, jeudi 28 mai, les mesures de ce « plan massif » seront financées à hauteur de 1,3 milliard d’euros « pour la seule année 2020 » grâce à des redéploiements de budgets non dépensés (698 millions d’euros) et des crédits supplémentaires (592 millions d’euros). Objectif : soutenir les acteurs économiques et notamment les très petites entreprises (moins de 10 salariés) n’ayant pu bénéficier de prêts bancaires ou d’aides de l’Etat, lutter contre le chômage et réduire les risques d’exclusion.

Doubler le nombre de formation

Craignant des vagues de faillites et de suppressions de postes, la Région va mobiliser 640 millions d’euros pour accompagner la relance des entreprises et 230 millions d’euros pour lutter contre le chômage et favoriser l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi. Pour ce faire, Valérie Pécresse entend doubler l’offre de formation en allouant notamment 85 millions d’euros supplémentaires au plan régional d’investissement dans les compétences (Pric).

Dans les secteurs porteurs ou en tension — BTP, sécurité, sanitaire et social, numérique, agriculture et environnement — susceptibles de créer « des dizaines de milliers d’emplois », l’offre de formation va ainsi passer de 20 000 à 40 000 places « dès septembre ». Les « chômeurs les plus éloignés de l’emploi qui se formeraient à ces métiers » se verront accorder une aide de 1 000 euros. « Une incitation massive à se former » selon Valérie Pécresse, qui mobilisera une enveloppe de 20 millions d’euros. Les zones prioritaires et les zones rurales feront partie des points d’attention de la Région avec « des plans de recrutement et de formation dans le numérique, secteur qui va recruter 25 000 personnes dans les deux ans à venir ».

Moderniser l’offre de formation

Autre levier d’action pour favoriser le retour à l’emploi : l’innovation. « L’offre de formation s’est arrêtée pendant la crise, c’est inacceptable », affirme Valérie Pécresse. La présidente du Conseil régional mise notamment sur des appels à projets pour faire émerger de nouvelles modalités pédagogiques et des parcours à distance. A l’instar de la plate-forme « Ensemble pour l’emploi » créée avec le Bon Coin et Staff Me, la Région veut encourager les partenariats entre les acteurs historiques de la formation et les start-up de l’éducation et de l’emploi.

Toujours dans l’idée d’accélérer le retour à l’emploi des demandeurs d’emploi, des évolutions de dispositifs de formation sont également à l’ordre du jour. A l’avenir, les aides individuelles au retour à l’emploi ne seront plus conditionnées à une promesse d’embauche. Dès lors qu’une formation permettra d’acquérir une compétence nécessaire à un poste faisant l’objet d’une offre d’emploi, elle sera financée. Une adaptation qui va engendrer un budget supplémentaire de 6 millions d’euros. Par ailleurs, la Région va prendre en charge les formations des demandeurs d’emploi souhaitant créer leur entreprise et contribuer au financement des équipements des stagiaires qui suivent des parcours à distance en leur allouant un « chèque numérique » d’une valeur de 100 euros.

Contribuer à la relance de l’apprentissage

Valérie Pécresse entend aussi agir en faveur des jeunes et notamment des apprentis qui risquent de faire face à des difficultés de recrutement à la rentrée. Pour éviter de voir les effectifs des CFA s’effondrer, la présidente de la Région Ile-de-France milite pour une révision de la loi  Avenir professionnel. « Il faut que le gouvernement autorise les Régions à financer des classes passerelles », qui permettraient aux jeunes de se former à la théorie pendant six mois avant la signature d’un contrat d’apprentissage.

Prochaine étape du plan de relance : la présentation à la rentrée de « l’acte 2 » : un « programme d’investissements publics pluriannuels » qui sera consacré notamment aux transports, à la culture, à la recherche et à la construction.

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