Une application mobile « pour relever le défi de l’accès à la formation » (Muriel Pénicaud)

À l’occasion du congrès « Nouvelle vie professionnelle » le 12 novembre, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a insisté sur l’avancée que représente le droit individuel à la formation qui va se concrétiser prochainement par le lancement de l’application « Mon compte formation ».

Par - Le 13 novembre 2019.

Le 21 novembre, 25 millions de Français pourront s’inscrire directement à une formation en utilisant la plate-forme « Mon compte formation » et l’application mobile associée. La date du lancement de ce nouveau service a été confirmée par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, lors du congrès « Nouvelle vie professionnelle » organisé mardi 12 novembre par AEF Info. Ce droit individuel issu de la loi « Avenir professionnel » représente un enjeu important, souligne la ministre du Travail. À l’heure où « l’accès au capital humain est plus difficile que l’accès au capital financier » et dans un contexte de transformations des métiers liées à la révolution numérique et à la transition écologique, un des défis à relever est « l’accès à la formation ».

Droit « réel et concret »

Aujourd’hui seulement un salarié de TPE sur trois bénéficie de formations. Il en va de même pour les ouvriers et les employés alors que la proportion est de deux sur trois pour les cadres et les salariés des grandes entreprises, rappelle Muriel Pénicaud. Avec « Mon compte formation » le gouvernement entend mettre le développement des compétences à la portée de chacun. Selon Antoine Foucher, son directeur de cabinet, « le droit à la formation devient un droit fondamental, réel et concret, garanti par l’application mobile ». Il fait ainsi « son entrée dans le socle de protection sociale ».

Accompagner les utilisateurs

Mais cette désintermédiation et ce changement d’échelle bousculent les habitudes et suscitent des interrogations comme en témoignent les personnes venues échanger avec Muriel Pénicaud. Se pose ainsi la question de l’accompagnement des bénéficiaires et notamment ceux qui sont peu à l’aise avec le numérique. Sur ce sujet, la ministre du Travail attend beaucoup des opérateurs de conseil en évolution professionnelle (CEP) qui devront non seulement aider les personnes à élaborer ou affiner leur projet professionnel, mais aussi les accompagner dans l’utilisation de l’application. Les employeurs auront aussi un rôle à jouer. Faire en sorte que les salariés soient accompagnés dans l’accès à la formation peut être selon Muriel Pénicaud, « un objet de négociation dans l’entreprise ».

Des viviers de candidats

La liberté offerte aux actifs interroge par ailleurs les entreprises. Le droit à la formation ne supprime pas la responsabilité des employeurs en matière d’évolution des compétences des salariés, rappelle la ministre du Travail. Avec le CPF rénové, les employeurs seront, selon elle, en capacité de trouver des viviers de candidats « motivés et formés ». Ils pourront par ailleurs innover en co-investissant individuellement ou collectivement dans la formation de leurs collaborateurs. Qu’ils viennent des entreprises, des branches professionnelles ou des pouvoirs publics, les abondements seront directement intégrés à l’application au printemps 2020. En attendant, un employeur a toujours la possibilité de discuter d’un cofinancement avec ses salariés, selon la ministre du Travail.

Repenser l’offre de formation

Le droit individuel à la formation représente aussi un changement de taille pour les prestataires de formation qui interviendront désormais sur un marché désintermédié. C’est l’occasion pour tous les acteurs de « retravailler leur offre de formation », précise Muriel Pénicaud encourageant les prestataires de formation à innover en proposant des formations en ligne et des parcours personnalisés en fonction des acquis des stagiaires. La plate-forme et l’application vont par ailleurs permettre de cartographier l’offre de formation et d’identifier les besoins dans les territoires pour améliorer l’accessibilité.

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