Armée de terre : cadre de la formation des personnels militaires

Une instruction du 5 avril 2017 fixe le cadre dans lequel s’inscrit la formation des personnels militaires – d’active et de réserve – de l’armée de terre.

Rédigé par . Publié le 29 mai 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

L’instruction rappelle les finalités et les objectifs assignés à la formation professionnelle et en pose les principes directeurs.

On retiendra, au titre de ces derniers, la « cohérence des parcours« . Le parcours de formation s’inscrit ainsi dans un triptyque qui inclut deux autres « parcours »: le parcours de carrière et le parcours professionnel. Le parcours de carrière décrit la succession des grades obtenus tandis que le parcours professionnel décrit la succession des emplois occupés. Le parcours professionnel et le parcours de carrière sont rythmés par la validation et l’agrégation d’actions de formation de différents types.

Parmi ces formations, sont notamment identifiées les « formations de cursus« . Les formations dites « de cursus » répondent à un ou plusieurs des critères suivants :

  • formation ayant un effet sur le socle de connaissances commun à tous les militaires de l’armée de terre, sur la physionomie type du soldat qui combat en milieu aéroterrestre ou celui qui le soutient ;
  • formation ayant un effet sur les modèles catégoriels et les parcours professionnels.

D’autres principes doivent guider la politique de formation professionnelle comme :

  • l’individualisation qui permet de « dimensionner » les actions de formation selon le niveau académique et les compétences de l’individu au recrutement, et de les adapter dans le temps à sa progression professionnelle ;
  • l’égalité professionnelle (ex : l’armée de terre s’assure également que des femmes soient présentes dans l’encadrement des centres et écoles de formation initiale, ainsi que dans les jurys d’examen) ;
  • la mutualisation qui permet, tout en optimisant les moyens, de constituer des centres d’expertise et des pôles d’excellence reconnus dans les milieux interarmées et interalliés ;
  • l’externalisation de la formation (ex : l’armée de terre fait appel à des organismes de formation extérieurs pour l’acquisition de compétences rares).

Comme dans le secteur privé, la question de la qualité en formation est aussi abordée. Ainsi, dans le cadre de la démarche qualité des organismes de formation de l’armée de terre, des enquêtes de satisfaction sont systématiquement réalisées. Il s’agit d’une démarche itérative qui comporte une enquête « à chaud » effectuée en fin de stage auprès des stagiaires, et une « à froid » réalisée dans l’année suivant le stage auprès des stagiaires et de leur employeur du moment. Les résultats permettent aux organismes de formation d’adapter avec pertinence l’organisation et le contenu des stages délivrés.

Deux modalités d’accompagnement sont mises en valeur :

  • le tutorat. Cette modalité doit être privilégiée dans la formation des formateurs, et dans l’accompagnement (avant et après le stage) des stagiaires de formations techniques qui nécessitent un perfectionnement dans le temps long (maintien du lien entre le militaire formé et son formateur en école). L’approche du tutorat est aussi particulièrement adaptée aux périodes de formation en situation de travail (en corps de troupe ou en état-major) qui sont réalisées en alternance avec les périodes dédiées au sein des organismes de formation. Un référentiel de formation fournit alors au tuteur et au stagiaire un cadre fixant les compétences visées, explicitées et évaluées ;
  • le parrainage. Les parrainages réalisés au sein des unités complètent l’acquisition des connaissances acquises dans le cadre des actions de formation à proprement parler. Ils s’apparentent à du coaching qui vise à développer l’autonomie des jeunes cadres en particulier. L’intégration dans leur environnement professionnel est facilitée par cet accompagnement personnalisé qui leur permet à la fois de parfaire leur formation générale et d’accroître leur employabilité dès la prise de poste.

Concernant les modalités de déroulement des formations, à côté du stage en présentiel, il est aussi possible de faire appel à :

  • la FOAD. Composante déterminante de la modernisation de la formation, la FOAD – ou numérisation de l’espace de formation (NEF). S’appuyant sur les techniques de l’information et de la communication pour l’éducation (TICE) telles que l’enseignement assisté par ordinateur (EAO), l’enseignement à distance (EAD), les classes virtuelles, les communautés de travail ou les bibliothèques numériques, la NEF produit un effet démultiplicateur sur la formation.
  • la simulation. Outil indispensable pour la formation des militaires des forces terrestres, la simulation participe à l’affermissement des savoir-faire acquis, à la progressivité et à l’individualisation de la formation. Déjà prégnante dans le domaine de l’entraînement, son emploi émerge en opération.

Enfin, est rappelée l’importance de l’expérience dans l’acquisition et la reconnaissance des compétences, notamment par la voie de la VAE qui favorise l’insertion sociale et professionnelle dans le cadre de la reconversion.

Pour rappel, l’instruction du 5 avril 2017 ne concerne pas le personnel civil dont la politique de formation s’appuie sur la circulaire N° 327425/DEF/SGA/DRH-MD/GCPC relative à l’application des dispositions des décrets n° 2007-1470 du 15 octobre 2007 et n° 2007-1942 du 26 décembre 2007 sur la formation tout au long de la vie des agents de l’État.

Instruction n° 900/DEF/RH-AT/PRH/ES du 5 avril 2017 relative à la politique générale de la formation dans l’armée de terre

Centre Inffo vous conseille également