Avenir de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires

Plusieurs parlementaires s’inquiètent des conséquences du rattachement au ministère de l’Intérieur de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes)

Par - Le 20 mars 2020.

Question écrite n° 12879 de M. Roger Karoutchi (Hauts-de-Seine – Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 31/10/2019 – page 5478

M. Roger Karoutchi appelle l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur les risques du rattachement au ministère de l’intérieur de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Une telle mise sous tutelle correspondrait à la perte de la mission interministérielle de cet organisme et à la baisse drastique de ses effectifs. Pourtant, le risque sectaire est plus que jamais présent dans notre pays et la Miviludes, depuis sa création en 2002, est reconnue par les associations pour sa compétence et son efficacité dans la lutte contre ce phénomène. Il lui demande de quelle manière il compte maintenir l’engagement de l’État sur cet enjeu fondamental pour nos concitoyens en l’absence du seul organisme clairement identifié pour y faire face.

Réponse du Ministère de l’intérieur

publiée dans le JO Sénat du 12/03/2020 – page 1282

La Cour des comptes avait, dès 2017, recommandé le rattachement de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) au ministère de l’Intérieur pour permettre d’en renforcer le caractère opérationnel.

Le Gouvernement a décidé de rattacher la MIVILUDES au ministère de l’Intérieur. Ce nouveau rattachement fonctionnel s’explique par trois raisons principales : en premier lieu, la MIVILUDES pourra exercer ses missions en pleine articulation avec le SG CIPDR : les champs d’intervention de ces deux organismes ne se recouvrent pas totalement mais ils ont pour important point commun la lutte contre les nouvelles formes de radicalité et certains phénomènes d’emprise et d’enfermement ; parallèlement, le ministère de l’Intérieur a, traditionnellement, une vocation d’animation interministérielle dans ses champs de compétence. Cette nouvelle organisation ne compromet pas, au contraire, la bonne prise en compte de la variété des problématiques liées aux dérives sectaires ; enfin, il est de bonne administration que l’action publique relève des ministères : cela permet au Premier ministre et à ses services de se concentrer sur leur rôle d’impulsion, de coordination et d’arbitrage. La coopération étroite avec les associations qui œuvrent depuis longtemps au soutien des victimes de dérives sectaires sera bien évidemment maintenue et à aucun moment il n’est question d’abaisser le niveau de vigilance (y compris sur l’anthroposophie) et de réaction des acteurs de la MIVILUDES ni de supprimer la remise de son rapport annuel. La MIVILUDES continuera d’assurer son travail de recueil des signalements et d’identification de réponses appropriées. L’article D. 132-1 du code de la sécurité intérieure (CSI) dispose que « le comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) est présidé par le Premier ministre ou, par délégation, par le ministre de l’intérieur ». Y rattacher la MIVILUDES ne modifie donc en rien sa nature interministérielle. Par ailleurs, ce comité fixe et coordonne l’action des ministères. Enfin, le secrétariat général de ce comité, placé auprès du ministre de l’Intérieur pour ses moyens de fonctionnement, veille à la cohérence de la mise en œuvre des orientations définies par le CIPDR et coordonne les ministères ainsi que les services déconcentrés de l’État ou les dirigeants d’organismes publics ou privés intéressés (articles D. 132-3 et D. 132-4 du CSI).

Aussi, en étant rattachée au CIPDR, la MIVILUDES conserve-t-elle sa dimension interministérielle, son nom, ses agents, son site internet et ses archives, en partie numérisées. Elle ne disparaît donc pas. Le passage de ses effectifs à neuf agents fin 2019 correspond à des départs en retraite et des reclassements non remplacés sans qu’il n’y ait un lien de causalité avec son nouveau rattachement, et qui avaient été décidés antérieurement à ce rattachement.

Source : site du sénat

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