Le FifPL interroge l’utilité du compte personnel de formation pour les travailleurs indépendants

Par - Le 22 juin 2018.

« Nous comprenons l’intérêt du CPF pour les salariés, mais nous interrogeons sur l’utilité de ce dispositif pour les indépendants et sur la vision des pouvoirs publics à son sujet ». C’est ce que déclare Philippe Denry, président du FifPL (Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux) lors d’une table ronde tenue lors de la 4ème convention de l’organisme, mercredi 20 juin. En effet, si la future loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » touche plus particulièrement les Opca, qui deviennent Opérateurs de compétences, elle ne sera pas sans conséquences sur les fonds d’assurance formation patronaux.

Contribution au CPF

« On nous avait laissé entendre que nous conserverions une certaine autonomie pour fixer nos taux de prise en charge. Or, ce que je comprends de la loi, c’est qu’une partie de notre collecte – on ignore dans quelle proportion – va être reversée à la Caisse des dépôts et consignations pour alimenter le CPF, et ne sera plus disponible pour les formations-métiers de nos professionnels », explique Philippe Denry. Michel Chassang, président de l’UnaPL (Union nationale des professions libérales) craint une absence de concertation avec les professions libérales, et une répartition des financements mutualisés en leur défaveur : « Il ne faut pas oublier qu’en matière de formation, nous payons deux fois : pour nous et pour nos salariés. Il est normal que l’on ait notre mot à dire sur des contributions qui nous sont imposées ».

Pour Alain Druelles, chef de projet sur les réformes de la formation et de l’apprentissage à la DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle), « dès lors que l’on pose le principe d’un CPF comme droit universel, et que l’on considère qu’il permet de gérer un changement de statut pour un individu, la question des passerelles de financement se pose forcément. ». Le choix de l’exécutif est en effet celui d’un « outil unique, le CPF, permettant une plus grande autonomie de mise en œuvre par la personne. C’est une vision politique », tranche-t-il.

Mais, s’interroge Jean-Philippe Cépède, directeur juridique de Centre Inffo, « la question du décloisonnement des statuts est en jeu, et les professions libérales sont au cœur de cette réflexion-là. L’une des questions qui se pose est de savoir dans quel registre s’inscrit l’obligation de formation. Est-elle individuelle ou collective ? »

Un rapprochement entre Faf patronaux ?

Malgré leurs inquiétudes, les professions libérales veulent anticiper l’avenir. « Entre aujourd’hui et janvier 2019, nous devons préparer le mouvement qui se fera dans la perspective de la concentration des branches en filières, et dont l’une des premières manifestation sera la diminution du nombre d’Opca – demain Opérateurs de compétences », prévient Philippe Gartner, président d’Actalians. « Aux côtés de l’U2P, nous avons ouvert vendredi dernier une négociation dans le but de créer un troisième Opca inteprofessionnel pour les professions de proximité, à partir d’Actalians », annonce Michel Chassang. Le FifPL ne devrait pas être en reste. « Nous sommes en réflexion pour mettre en place une mutualisation avec d’autres Faf patronaux, et discutons particulièrement le Fafcea (entreprises artisanales),  » indique Philippe Denry. Une première rencontre a également eu lieu avec le FafPM (professions médicales)

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