Montée en puissance des formations numériques et nouveaux défis de la formation, tel est l’angle retenu pour la neuvième édition des rencontres du Forum français pour la formation ouverte et à distance (Fffod), qui se tiendront à Orléans du 14 au 16 novembre 2011. Les régions Centre (partenaire des rencontres), Aquitaine, Bretagne et Limousin ouvriront l’événement, praticiens et grands témoins poursuivront. Jacques Fayet, chef de projet multimédia Cegos et animateur des rencontres, nous présente le programme.
Qu’est-ce qui vous permet d’évoquer la « montée en puissance des formations numériques » ? Quels sont les « nouveaux défis de la formation » ?
Le constat dressé par l’ensemble des acteurs que tout le monde a passé le stade des prototypes, réussis ou ratés d’ailleurs. Il faut aujourd’hui faire face à des problèmes d’échelle qui font apparaître de nouveaux soucis, à la fois en termes de production de contenus et de logistique. La « montée en puissance » nécessite de mieux structurer la formation, car il faut à la fois s’adresser à beaucoup de monde, gérer beaucoup de contenus et accroître la vitesse de production.
Comment cela se traduit-il dans le programme des 9èmes rencontres ?
La problématique de la production de contenus sera abordée lors d’ateliers qui permettront notamment de témoigner sur les chaînes éditoriales Scenari mises en place par le GNFA et Total, de voir comment le CFPB a relevé le défi de former les 400 000 salariés du secteur bancaire à la prévention du terrorisme et du blanchiment d’argent et, enfin, de présenter le LCMS Learn Exact sur lequel s’appuie la Cegos pour répondre aux besoins de traductibilité, de maintenance et de customisation. Après une table ronde consacrée à l’industrialisation, Pierre Moeglin [1] conclura en abordant la question des modèles économiques possibles, à partir de son Que Sais-Je ? consacré aux « industries éducatives ».
Pourquoi avoir consacré une demi-journée aux réalisations régionales ?
Les Régions sont un acteur majeur et décentralisé de la formation, il est donc évident qu’il est intéressant de partager leurs initiatives. Nous partirons de ce que fait la Région Centre, partenaire de ces rencontres, et demanderons à d’autres Régions de réagir, avec un focus particulier sur la relation université / Région, un peu plus développée en Bretagne et Limousin.
Les 9èmes rencontres s’intéresseront également aux « autres façons d’apprendre et de former ». Comment et pourquoi ?
Nous allons montrer au travers de différents ateliers qu’en 2011, les façons d’apprendre bougent. L’idée est de présenter des témoignages variés qui montrent que l’on peut apprendre autrement, ou de manière complémentaire au face-à-face pédagogique : « serious games » qui deviennent des « social games » avec KTM Advance, apprentissage communautaire avec Alacatel-Lucent, vidéos pour apprendre avec le centre de formation aux travaux publics d’Alençon, communautés de création de contenus avec Dalia, utilisation de podcasts avec l’Afpa, etc. La dernière matinée permettra de présenter un point de vue non-conformiste sur l’apprentissage, avec Sandra Enlart [2], pour qui le fait de manipuler des contenus en ligne développe de nouvelles capacités cognitives qui remettent en question nos façons d’apprendre. Le journaliste Francis Pisani interviendra également, d’une part pour présenter ce que les pays émergents ont à nous dire en matière de nouveaux usages, d’autre part pour expliquer « ce que le journaliste a à dire au formateur », au moment où celui-ci est amené à développer des compétences de communication dans le cadre de la mise en ligne et de la médiatisation de ses contenus.
Pourquoi venir ?
Pour comprendre les changements à l’œuvre à l’intérieur du monde de la formation à distance (FAD), plutôt à partir des praticiens et donc, des usages. Peut-être que le futur de la FAD reste encore à écrire et que ce qui se fera dans 3 ou 5 ans n’est pas encore imaginable. Nous essaierons de l’envisager, par exemple avec le témoignage d’Olivier Lamirault (Ingenium) sur les tablettes numériques. Nous profiterons aussi de l’occasion pour distribuer largement le vade-mecum du financement des formations ouvertes et à distance récemment publié par le Fffod. Les rencontres sont l’occasion de partager, de réfléchir et de s’ouvrir à des façons de faire émergentes. C’est l’opportunité d’échanger entre praticiens -j’insiste- pour s’adapter et voir ce que l’on peut faire.
Programme complet et inscription : www.fffod.org
Le Centre Inffo est membre du Fffod.
par Nicolas Deguerry
in Le Quotidien de la formation, 25 octobre 2011
































