David Dayan et Christopher Sullivan (ICDL France) : Compétences numériques et monde d’après

La décennie qui s’achève a incontestablement été celle du numérique. À chaque niveau de la société, le numérique s’est fait une place de choix et a modifié en profondeur les usages préexistants. Qu’il s’agisse de transformation digitale des entreprises, de numérisation des services publics, de l’adoption de nouvelles pratiques commerciales et sociétales à partir de nos smartphones… le numérique s’est imposé à tous. En pleine crise sanitaire, les outils et les compétences numériques ont également été de véritables facteurs de résilience nous permettant de poursuivre certaines de nos activités.

Par - Le 17 juillet 2020.

Pourtant, pour être pleinement utiles dans le monde qui vient, les compétences numériques devront être repensées à l’échelle de secteurs d’activité et de bassins d’emploi connaissant aujourd’hui de profondes mutations.

Pour des raisons de souveraineté, le rapatriement de productions liées au secteur de la santé (médicaments, masques, respirateurs…) est par exemple d’ores et déjà envisagé. Il est fort à parier qu’il entraînera avec lui la réorganisation de chaînes de valeur sur le territoire national et le développement de compétences spécifiques au secteur. Là aussi, les besoins et les capacités de formation seront à prévoir en amont.

C’est en fait la structure même du marché de l’emploi qui risque d’être profondément bouleversée dans son ensemble. On peut imaginer que les difficultés rencontrées dans certains secteurs d’activité (restauration, hôtellerie, aéronautique…) procéderont indirectement à la création ou à la recréation de parcours pédagogiques et professionnels dans des secteurs aujourd’hui délaissés, mais dont l’importance reste vitale. Le secteur de l’agriculture, à titre d’exemple, pourrait bien être un de ceux qui connaîtra les plus grands changements. Le désintérêt croissant d’une partie de la population à l’égard des grands centres urbains, ou encore l’envie de redonner du sens à son parcours de vie suscitent déjà – certes, dans des proportions qui restent pour l’instant limitées – de nouvelles vocations. Le secteur de l’agriculture nécessitera alors une offre de formation hybride mêlant enseignements sur les techniques agricoles et connaissances numériques permettant de faciliter la mise en contact directe avec le client final (l’agriculteur de demain ne s’en remettra peut-être plus automatiquement à la loi des centrales d’achats). Enfin, la pédagogie devra quant à elle s’adapter à un public de néo-ruraux.

Pour chacun de nos secteurs d’activité, il est temps de poser des diagnostics clairs et d’anticiper les besoins de métiers qui ne seront peut-être plus les mêmes demain. Transversales à de nombreux secteurs d’activité, nécessaires à l’apprentissage à distance et garantes d’une certaine autonomie, les compétences numériques auront alors un rôle capital, sans pour autant être forcément l’objet principal de tout parcours d’apprentissage.

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