Trophées EdTech France 2022, 8 mars 2022, avec sa présidente, Anne-Charlotte Monneret.

Trophées EdTech France 2022, 8 mars 2022, avec sa présidente, Anne-Charlotte Monneret.

Anne-Charlotte Monneret : au service de l’edtech

Recruter une déléguée générale de 26 ans pour EdTech France était à bien des égards un pari. En à peine dix-huit mois et en pleine symbiose avec son conseil d’administration, Anne-Charlotte Monneret a su prendre toute sa part dans le développement de l’association qui fédère les acteurs de l’edtech française.

Par - Le 20 juillet 2022.

« Ce qui m’intéresse, ce que dois faire et ce qui apporte une valeur ajoutée s’alignent »

Après Rémy Challe (notre portrait), le « trublion communicant » qui a permis de créer la marque, l’arrivée d’un profil différent pour passer à une autre étape du développement d’Edtech France s’imposait, nous explique d’emblée Yannig Raffenel, son co-président. Retenue « sans hésitation » parmi une trentaine de candidatures, Anne-Charlotte Monneret a très vite fait l’unanimité. Recrutée à 26 ans, elle pouvait apparaître comme un pari. 18 mois plus tard, personne ne nie sa compétence.

Avec environ 415 adhérents sur un potentiel de 500, presque 60 partenaires privés et publics, l’organisation de nombreux ateliers et conférences, une présence événementielle nationale et internationale renforcée, une couverture territoriale accrue par le lancement de hubs régionaux, le financement de deux postes pour accompagner les membres à l’export, Edtech France a rempli tous ses objectifs.

Faiseur d’affaires

La part d’Anne-Charlotte Monneret dans ce succès, c’est sans doute d’abord un réel attachement à la cause de l’éducation, une foi sans pareille dans le potentiel de la formation et un sens du service que les membres d’Edtech France ne manquent jamais de saluer. Ainsi de Guillaume Clere, le PDG fondateur de Reverto, acteur clé de la réalité virtuelle. Il n’est pas l’un de ses proches et ne l’a longtemps connue qu’à distance, la première et unique rencontre ayant eu lieu au salon Virtuality de mars 2022.

« Elle n’est pas là pour brasser de l’air, c’est un véritable accélérateur de mise en relations, toujours dans le concret et l’opérationnel », apprécie-t-il. Exactement ce que soulignaient en leur temps les participants aux learning expéditions de l’Expo universelle de Dubaï et du CES Las Vegas. Rien d’étonnant selon Yannig Raffenel pour qui Anne-Charlotte Monneret coche toutes les cases : « une capacité à comprendre, à analyser et à s’exprimer », appuyée sur de solides bases académiques, une expérience du monde des start-ups et une quête de sens qui passe par l’éducation et la formation.

Master finance et stratégie à Sciences Po, début de carrière en Espagne dans la fintech au siège européen de Criteo puis professeur de lettres dans un collège REP+[ 1 ]Réseaux d’éducation prioritaire. de Seine-Saint-Denis via l’association Le choix de l’école, on se souvient avoir trouvé son parcours original à sa prise de fonction. On se dit aujourd’hui qu’il résonne avec ce que l’on nous dit de cette jeune génération qui aspire à changer le monde. Et si elle n’est pas de ceux qui cherchent leur voie en tournant le dos aux emplois de cadres pour se reconvertir dans l’artisanat, elle les rejoint par une même aspiration au concret et au faire.

Bien commun

Assumant un potentiel cliché, Anne-Charlotte Monneret apprécie plus que tout être dans l’idée du service aux autres : « tu t’investis beaucoup mais tu le fais pour la société, pour les entreprises et les apprenants, pour le tissu économique et la France, …c’est un travail au service du bien commun ! » Avec une forme d’alignement plutôt rare entre ses aspirations professionnelles, la vision de son employeur et les besoins des membres, on la croit volontiers quand elle dit vivre un « rapport humain sincère, honnête et joyeux » avec l’écosystème de l’edtech.

Objectif licorne

Une ambition pour les mois à venir ? « Contribuer à l’émergence de champions français capables d’attirer les investisseurs et les aider à créer des ponts avec leurs voisins, pour avoir une Europe de la edtech forte face à la Chine et aux États-Unis. » Mais pour une future licorne de la edtech française, il faudrait « davantage de levées de fonds en série A, à hauteur des 75 millions d’Openclassrooms ou des 190 millions de 360Learning », souligne-t-elle. Une motivation particulière ? « L’étendue de la tâche qui reste à accomplir », boostée par la certitude que la start-up nation de l’éducation et de la formation a « une vraie carte à jouer ! »

Animatrice

Et face à un système qui reste à transformer en profondeur, elle s’amuse de l’hétérogénéité du niveau de connaissances de ses interlocuteurs. « On croise à la fois des experts qui militent depuis 20 ans sur le sujet et des gens dont on dirait qu’ils n’ont pas vécu la crise sanitaire ! » À l’aise dans le rôle d’animateur ensemblier qui est celui d’Edtech France, elle côtoie aussi bien le learning digital manager d’un grand compte, le conseiller technique d’un ministre, le CEO d’une edtech, qu’un élu local ou un opérateur de l’État.

De quoi avoir une belle vision d’ensemble qui nourrit sa capacité de décryptage. Ainsi, par exemple, du métavers, dont elle sait résumer en quelques mots l’intérêt : « on n’en a absolument pas besoin dans un monde non numérique, mais dans un monde qui a atteint un degré très fort de numérisation et d’échanges à distance, ce type d’espaces est intéressant car il permet de retrouver de l’informel dans le virtuel, là où le distanciel te force à tout planifier et cadrer », observe-t-elle.

Quand on lui fait remarquer en fin d’entretien qu’elle s’est à maintes reprises excusée d’invoquer la « bienveillance », elle s’esclaffe et explique : « c’est la capacité à penser à son propre bien-être pour donner la meilleure qualité de travail, à comprendre et respecter le travail des autres pour leur être utile et à chercher en permanence à faire quelque chose qui ait le plus d’impact sur ton écosystème. » Et d’ajouter : « …si tu fais ça, normalement, tu fais des choses pas trop pourries ! » La spontanéité, c’est aussi une qualité de la déléguée générale d’Edtech France !

BIO EXPRESS

Depuis décembre 2020
Déléguée générale, Edtech France

2018-2020
Professeur de lettre classiques, Le choix de l’école (Seine Saint-Denis)

2017-2018
Stratège de compte et gestion des données, Criteo (Barcelone, Espagne)

2017
Master Finance et Stratégie (Sciences Po, Paris)

Notes   [ + ]

1. Réseaux d’éducation prioritaire.

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