Mieux accompagner les actifs suppose de renforcer les synergies autour du conseil en évolution professionnelle

L’arrivée de nouveaux opérateurs de conseil en évolution professionnelle (CEP) dans un écosystème mobilisé en faveur du développement des compétences et de l’accès à la formation implique de repenser les interactions entre toutes les parties prenantes.

Par - Le 18 mars 2020.

Investis d’une mission clé pour relever le défi du développement des compétences, les opérateurs de conseil en évolution professionnelle (CEP) doivent, pour apporter un service pertinent, interagir avec de nombreux autres acteurs. C’est ce qui ressort d’un atelier organisé le 31 janvier dans le cadre de la 17e Université d’hiver de la formation professionnelle (UHFP).

Dans un paysage du CEP recomposé, tout l’enjeu à l’avenir sera de faire connaître ce service gratuit auprès des actifs. La marque commune à tous les opérateurs “Mon conseil en évolution professionnelle” et le site internet “Mon-cep.org” vont y contribuer. Sans compter la promotion que les opérateurs eux-mêmes doivent assurer auprès de leur public cible et dans leurs zones d’intervention. Ceux chargés d’accompagner les salariés du privé ont, par exemple, intérêt à investir le monde de l’entreprise.

Sensibiliser le monde de l’entreprise

“Le premier opérateur du développement des compétences d’un salarié c’est son employeur. Il y a donc un enjeu important de promotion du CEP dans le cadre des entretiens professionnels”, note Tatiana Jacenko, responsable du pôle marketing au sein de la direction de la stratégie de l’Apec. Tous les employeurs ne disposant pas de services RH, les opérateurs auraient avantage “à promouvoir des services pour accompagner les entreprises et encourager ainsi la mobilisation du CEP”, estime Schany Taix, délégué général de la Fédération des CIBC[ 1 ]Les centres interinstitutionnels de bilans de compétences (CIBC) ont été désignés pour délivrer le CEP auprès des actifs du secteur privé dans huit régions. Sur le terrain, les branches professionnelles et les opérateurs de compétences peuvent s’avérer de précieux relais, selon Tatiana Jacenko.

Au quotidien, les opérateurs du CEP doivent être en mesure d’accueillir toutes les demandes quitte à orienter, dans un second temps, les personnes vers un opérateur spécialisé dans l’accompagnement de certains publics (Apec pour les cadres en activité ou en recherche d’emploi, Pôle emploi pour les demandeurs d’emploi, Cap emploi pour les personnes handicapées, etc.). Les opérateurs auront donc au quotidien à interagir entre eux. Dans ce contexte, Pôle emploi a mené une campagne de sensibilisation de ses 2 500 conseillers. Objectif : “Les informer sur le nouveau cahier des charges du CEP, mais aussi sur les autres opérateurs, afin que les bénéficiaires soient orientés vers le bon interlocuteur”, illustre Frédéric Robineau, de la direction des services aux demandeurs d’emploi de Pôle emploi.

Orienter et accompagner

Cette prestation dite “d’aiguillage” et le service d’accompagnement personnalisé que doivent dispenser les opérateurs impliquent “une bonne connaissance de l’ensemble de l’écosystème de l’emploi et de la formation”, observe Véronique Dessen-Torres, directrice des territoires et des partenariats de France compétences. Les opérateurs doivent en effet être en mesure d’interagir avec de nombreuses parties prenantes : les associations Transitions Pro, les Régions, les prestataires de formation, les Comités régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Crefop), etc. “L’articulation de nos missions avec les autres acteurs de la formation et de l’emploi dans les territoires est essentielle pour proposer un service à valeur ajoutée qui soit le plus fluide possible”, souligne Schany Taix.

Pour apporter un conseil éclairé aux actifs, les opérateurs du CEP doivent par ailleurs tenir compte de la dynamique en matière d’emploi et de compétences. Sur ce sujet, ils auront intérêt à se rapprocher des opérateurs de compétences. “À travers les observatoires de branche, nous pouvons apporter aux opérateurs du CEP des outils pour évaluer la pertinence des projets professionnels”, explique David Tonnelier, délégué régional Nouvelle-Aquitaine de l’opérateur de compétences Atlas.

Suivre et coordonner

Dans le nouvel écosystème du CEP, France compétences a un rôle de vigie essentiel à jouer. En 2019, l’instance nationale a procédé à la sélection des opérateurs régionaux qui accompagnent les salariés occupés hors agents publics. À ce titre, elle est chargée de suivre et de piloter ce marché, en lien avec les associations Transitions Pro, responsables quant à elles du suivi de ces opérateurs régionaux dans les territoires.

Et en tant que régulateur, France compétences a aussi pour mission d’évaluer l’ensemble de l’écosystème de la formation, ce qui inclut tous les opérateurs du CEP, quel que soit leur statut. Autant de responsabilités qui font de France compétences un lieu où il sera possible “de capitaliser sur les articulations entre acteurs mais aussi de partager des données afin d’analyser les trajectoires des personnes”, souligne Véronique Dessen-Torres de France compétences. En prise directe avec les projets professionnels des actifs, les opérateurs du CEP seront des capteurs essentiels pour l’ensemble de l’écosystème de la  formation.

LES OPÉRATEURS DU CEP

Opérateurs nationaux

  • Apec : cadres en activités ou en recherche d’emploi
  • Cap emploi : personnes en situation de handicap
  • Missions locales : jeunes de moins de 26 ans
  • Pôle emploi : demandeurs d’emploi

Opérateurs régionaux

  • Opérateurs sélectionnés et financés par France compétences : actifs du secteur privé (liste sur France compétences)

 

Notes   [ + ]

1. Les centres interinstitutionnels de bilans de compétences (CIBC) ont été désignés pour délivrer le CEP auprès des actifs du secteur privé dans huit régions.

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