80 % des entreprises n'exploitent pas encore pleinement le potentiel de la formation à distance
Publiée le 24 juin par Askalia et Edunao, une étude consacrée aux usages de la formation en ligne montre que le distanciel reste largement sous-utilisé dans les stratégies de développement des compétences. Si les entreprises l'adoptent souvent pour des raisons de coût ou d'organisation, elles en retirent surtout des bénéfices pédagogiques.
Par Catherine Trocquemé - Le 17 juillet 2026.
Face à l'essor de l'intelligence artificielle et à la transformation accélérée des métiers, les entreprises sont confrontées à un défi de taille : faire évoluer les compétences de leurs collaborateurs à un rythme et un déploiement inédits. Dans ce contexte, la formation à distance apparaît comme un levier incontournable. Après l'accélération provoquée par la crise sanitaire, les usages continuent toutefois de se structurer. C'est ce que révèle une étude menée par Askalia, l'association des responsables formation, et l'éditeur Edunao. Son principal enseignement : malgré son potentiel, l'apprentissage en ligne n'a pas encore trouvé toute sa place dans les dispositifs de formation.
L'étude montre en effet que huit organisations sur dix estiment ne pas avoir pleinement intégré les modalités de formation à distance dans leur politique de développement des compétences. Pourtant, les entreprises qui ont franchi ce cap dressent un bilan positif et inattendu.
Un gain pédagogique plus qu'économique
Premier constat : les motivations initiales et les bénéfices constatés diffèrent sensiblement. Les organisations se tournent d'abord vers le distanciel pour réduire les coûts, limiter les déplacements ou faciliter l'accès à la formation. Mais une fois les dispositifs déployés, ce sont les effets pédagogiques qui ressortent en priorité.
Les répondants mettent notamment en avant une meilleure implication des apprenants, une diffusion plus rapide des contenus et une plus grande diversité des approches pédagogiques. À l'inverse, les économies financières, souvent à l'origine des projets, apparaissent finalement comme un bénéfice secondaire.
Un potentiel encore largement sous-exploité
L'étude souligne également que de nombreuses organisations se contentent encore de reproduire à distance les formats du présentiel. Webinaires et classes virtuelles dominent les pratiques, sans toujours tirer parti des possibilités offertes par les outils numériques.
Personnalisation des parcours, apprentissage adaptatif, accompagnement continu ou encore ancrage des contenus dans les situations de travail restent insuffisamment exploités. Les auteurs de l'étude relèvent également une forte dépendance à des plateformes et solutions internationales, au détriment d'outils plus souverains ou spécialisés.
Le défi du pilotage des compétences
Les responsables interrogés convergent sur les priorités à venir : intégrer l'IA dans les activités professionnelles, accompagner l'évolution des métiers et organiser une montée en compétences continue des salariés. Pour répondre à ces enjeux, la formation à distance apparaît comme un levier particulièrement adapté.
Encore faut-il clarifier sa gouvernance. L'étude constate que le pilotage des projets de formation numérique demeure souvent partagé entre directions des ressources humaines et directions des systèmes d'information, sans véritable chef de file. D'autant que les risques en matière de protection des données et de souveraineté représentent un enjeu de plus en plus fort.
Cette réflexion intervient alors qu'Askalia cherche à impulser une nouvelle dynamique sous l'impulsion de sa gouvernance renouvelée. L'association voit dans l'émergence du « Chief Learning Officer » une opportunité à saisir pour mieux articuler enjeux pédagogiques, technologiques et stratégiques. Une fonction dont le périmètre et la place dans l'entreprise restent encore à définir, mais qui pourrait devenir un acteur clé de la transformation des compétences.


