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43es Olympiades des métiers: 823 compétiteurs en lice pour la finale française

Par - Le 30 janvier 2015.

“Que la battle commence !” proclament les calicots placés au fronton du Parc des expositions de Strasbourg où se déroulent, du 29 au 31 janvier, les finales des 43es Olympiades des métiers, ou Worldskills competition. Et la “battle” des savoir-faire professionnels made in France a commencé…

Tous âgés de moins de 23 ans

À l’intérieur, ils sont 823 compétiteurs en lice, tous âgés de moins de 23 ans, représentant 25 des 27 régions françaises [ 1 ]Manquent à l’appel la Guyane et la Polynésie française, mais cette absence devrait se voir corrigée dès la prochaine édition, en 2017.. De la tôlerie à la bijouterie, de la sommellerie à la robotique mobile, de l’horticulture à l’ébénisterie ou encore de l’art floral à la peinture automobile, les épreuves porteront, cette année, sur 49 métiers avec, pour la première fois, l’entrée dans la compétition de la profession de solier-moquettiste.
“Battle” , donc, car au bout de ces trois jours, ils ne seront que 49 à récolter l’or dans leur catégorie et à faire partie de l’équipe qui ira défendre les couleurs du made in France en août prochain, à São Paulo, au Brésil face aux candidats venus de 72 pays.

Concentration maximale

Partout des panneaux avertissent : “Merci de ne pas déranger les candidats pendant leurs épreuves. Merci de ne pas utiliser les flashs de vos appareils.” Dans les couloirs, un coach improvise une séance de relaxation pour une vingtaine de compétiteurs stressés. À l’extérieur, même ceux qui s’autorisent une pause cigarette ultra-rapide préfèrent rester focalisés sur la tâche à accomplir. “Désolé, je peux pas trop vous parler, là, il faut que je reste concentré sur le boulot”, confie un apprenti-cuisinier, avant de jeter une cigarette à peine entamée et de retourner à ses fourneaux.

Pour l’Alsace, signataire en octobre 2014 d’une première charte de l’orientation et dont le Crefop [ 2 ]Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles. récemment constitué intègre désormais le conseil d’orientation régional, l’organisation de l’événement sur son sol – pour un budget de 8 millions d’euros – fait sens. “La formation des jeunes, au sens large, fait désormais partie des missions des régions”, explique Philippe Richert, le président du Conseil régional, “cet événement exceptionnel peut ainsi aider de nombreux jeunes à se découvrir une vocation et à initier un parcours d’orientation débouchant sur un premier emploi”.

80 000 visiteurs, dont 30 000 jeunes

Si, initialement, 70 000 visiteurs étaient attendus chaque jour, la première journée d’épreuve, le jeudi 29, en aura finalement attiré près de 80 000 ! Côté jeunes, les organisateurs comptent en accueillir au moins 30 000, qu’ils soient scolaires, apprentis, décrocheurs ou étudiants, parmi lesquels 10 000 plus spécifiquement inscrits dans un parcours de découverte des métiers avec des professionnels du secteur.

L’occasion aussi, pour les partenaires régionaux, d’organiser, sur le même site, plusieurs manifestations concomitantes, à l’image de la nuit de l’orientation portée par les Chambres de commerce et d’industrie (vendredi), le Carrefour de la formation (un espace dédié à l’orientation des scolaires tenu par l’Onisep et le CIO d’Illkirch), les Abilympics (une compétition particulière ouverte aux personnes en situation de handicap) et les ateliers “Toi aussi, tu peux le faire” permettant aux visiteurs de s’essayer aux gestes techniques d’une trentaine de métiers.

Créer une vraie appétence pour les métiers techniques

“C’est certes une compétition, mais c’est aussi une vitrine des métiers grandeur-nature”, assure Michel Guisembert, président de Worldskills France. La preuve ? “Ces Olympiades peuvent créer une vraie appétence pour les métiers techniques. En Finlande, avant 2005 et l’organisation de la compétition à Helsinski, le ratio de l’orientation des jeunes, était de 60 % pour les filières généralistes et 40 % pour les filières techniques. Après la compétition, il s’est inversé.”

Plus qu’une compétition de futurs professionnels, cet ancien premier conseiller des Compagnons du Tour de France voit dans l’événement un moyen de conserver les savoir-faire. “La crise ne durera pas éternellement. Et lorsque la croissance reviendra, il serait dommage que la France ait perdu des compétences dans la compétition internationale.” Un pari sur l’avenir.

Notes   [ + ]

1. Manquent à l’appel la Guyane et la Polynésie française, mais cette absence devrait se voir corrigée dès la prochaine édition, en 2017.
2. Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles.

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