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Compte personnel de formation : les attentes du public

Rédigé par . Publié le 05 janvier 2015. Mis à jour le 11 mars 2019.

Le compte personnel de formation entre en vigueur ce 5 janvier. La Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) a chargé l’institut BVA de mener une enquête auprès d’un panel du public cible. Ces futurs bénéficiaires demandent une formation plus accessible. Et le CPF peut les aider à atteindre cet objectif, notamment dans le cadre d’un projet de reconversion. À condition de mettre l’accent sur l’information.

“Un dispositif équitable”

L’institut BVA a interrogé chaque personne de son panel sur sa propre expérience de la formation professionnelle, sa conception du compte personnel de formation, et sur les actions à entreprendre pour que chacun s’approprie le CPF.

Sur le premier point, les réponses révèlent une faible maîtrise du système, considéré comme “un univers opaque”. Les personnes citent, en tant que dispositifs connus, le congé individuel de formation (Cif) et le droit individuel à la formation (Dif). Elles estiment par ailleurs que la formation professionnelle relève surtout de la responsabilité de l’entreprise. Une participation plus appuyée de celle-ci serait “un bien”.

Besoin de temps

La formation continue a des avantages : elle permet “de préserver l’emploi, d’évoluer, de se reconvertir, de reprendre des études… mais cela n’est pas simple”, synthétise BVA. Les salariés sont attachés aux formations payées par l’entreprise et observent qu’elles permettent “de créer un réseau avec les autres stagiaires”.

Pour ceux qui ont suivi une formation, les organismes de formation “sont relativement compétents”. De manière globale, le passage à l’acte d’apprentissage “demande beaucoup d’énergie”. La formation demeure “trop chronophage”, alors les personnes “ne sont pas en capacité de fournir” du temps.

La portabilité

Suite à une présentation des grandes lignes du CPF, rédigée sur une page, les personnes interrogées ont accueilli positivement ce nouveau dispositif. Elles trouvent ainsi que le principe de cibler les bénéficiaires (salarié, demandeur d’emploi, jeune) est une “bonne chose” tout comme “la notion de portabilité”. Autre point positif : “Le salarié est à l’initiative de la formation.”

“Un sentiment de liberté pour aller vers une reconversion”

Le CPF est apparenté au Dif, pour les sondés qui connaissent ce dernier dispositif. La principale identification au sujet du CPF est “l’absence d’autorisation de l’employeur pour une formation hors temps de travail”. Cependant, note l’étude, “les modalités de fonctionnement restent floues (conditions d’utilisation, visualisation du CPF, conditions d’abondement…)”.

Les formations éligibles au CPF ont fait bonne impression, puisque “cela permet de se positionner sur des formations bien ciblées et ainsi d’accéder au marché de l’emploi, ou d’apporter des idées de formation”.

“Cela ne va-t-il pas restreindre le choix des formations ?”, interrogent certains. La “grosse faiblesse” du CPF, à l’instar du Dif, réside dans “le besoin d’un accompagnement de l’entreprise”. Il reste néanmoins “un dispositif équitable pour tout le monde” dans la mesure où les parcours professionnels ne sont plus aujourd’hui tracés d’avance. Il permet “une autonomie et une transparence (connaissance de son nombre d’heures)” et évite “de se faire léser par son employeur”. Il donne également “un sentiment de liberté pour aller vers une reconversion en hors temps de travail, même s’il n’y pas de rémunération dans ce cas”.

Information : à développer

Le portail du compte donne “un accès à des informations en dehors de l’entreprise, ce qui est bien”, sauf que certaines personnes n’ont pas internet et souhaitent donc “un lieu physique pour échanger sur le CPF”. En outre, le socle de 150 heures et la logique d’abondement “manquent de clarté”.

Le nombre d’heures est d’ailleurs jugé insuffisant pour réaliser des formations qualifiantes. Le CPF est pourtant perçu comme “un dispositif qui va permettre une baisse du taux de chômage et apporter plus d’accessibilité à la formation, notamment par le biais du conseil en évolution professionnelle (CEP)”.

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