Ces entreprises qui se veulent apprenantes (Journée d’études Afpa au Cnam)

À trop vouloir qualifier ses salariés, l’entreprise préserve-t-elle sa capacité à être « apprenante » ? Les entreprises qui se disent apprenantes sont-elles celles qui le sont le plus ? Autant de questions abordées lors d’une table ronde de la 6ème Journée d’études Afpa qui s’est tenue le 14 septembre au Cnam à Paris. [Une journée d’études qui faisait écho au numéro hors-série Éducation permanente-Afpa 2017 [Analyses du travail et intentions formatives.]]

Rédigé par . Publié le 19 septembre 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

Assurer sa pérennité dans un monde ultra-concurrentiel, tel est l’objectif premier des entreprises. Certes, elles restent persuadées que l’apprentissage conditionne leur développement mais qu’en est-il aujourd’hui de l’entreprise « apprenante » dont le concept a émergé à la fin des années 1980 ? « Les ambitions ont été revues à la baisse. L’entreprise gère désormais les apprentissages de ses salariés en oubliant que faire face à l’imprévu et échanger avec les autres peut aussi être source d’expérience », explique Florence Osty, sociologue, professeure affiliée à Sciences Po. Pour elle, un modèle gestionnaire a vécu. «L’apprentissage ne se décrète pas, il ne se prescrit pas. Une gestion de la formation privilégiant l’opérationnalité des compétences s’est trop rationalisée, trop rigidifiée. » Si Florence Osty reconnaît que l’apprentissage nécessite parfois un cadre formel, elle plaide aussi en faveur d’un apprentissage plus informel et davantage intégré au travail.

Désenclaver la fonction formation

« L’entreprise est généralement plus qualifiante qu’apprenante. Elle cherche avant tout à favoriser le développement des compétences individuelles de ses salariés », renchérit l’économiste Laurent Duclos, chercheur rattaché à Idhes (Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société). Les actions de formation en situation de travail sont trop rares, mais « les apprentissages dans les training rooms [ 1 ]Salles de formation. ne permettent pas toujours de bien faire ensuite en situation réelle », rappelle l’ergonome Christophe Réal.

Processus d’apprentissage

Qui pourrait faire qu’une entreprise devienne apprenante ? La mise en place des processus d’apprentissage ne doit pas être la prérogative exclusive des ressources humaines. « Il est important de désenclaver la fonction formation qui, trop souvent, s’arroge le droit de dire comment doivent s’organiser les apprentissages », note Damien Brochier, chef du département travail, emploi, professionnalisation au Céreq. Un rôle important a traditionnellement été accordé aux ressources humaines, mais aujourd’hui le management stratégique et les responsables de production deviennent des fonctions-clés dans ce processus.

Notes   [ + ]

1. Salles de formation.

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