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Décryptage des volets formation des programmes de Vincent Peillon et Manuel Valls, candidats à la primaire de la gauche

Le premier avait réuni ses soutiens à 10 heures du matin dans les locaux d’un centre culturel solidaire du 12ème arrondissement. Le second tenait meeting une heure plus tard à la Maison de la Chimie, quelques arrondissements plus loin. Le 3 janvier, Vincent Peillon et Manuel Valls ont officiellement donné le coup d’envoi de leur campagne pour la primaire de la gauche en dévoilant leurs programmes respectifs.

Par - Le 05 janvier 2017.

Un pavé de 62 pages de « propositions pour la France » pour l’un, une liasse de 50 feuillets pour la « République forte et la France juste » de l’autre. Avec, dans les deux cas, une place non négligeable accordée à la formation professionnelle tout au long de la vie.

Vincent Peillon – Un plan d’investissement européen de 1 000 milliards d’euros pour la transition énergétique, le numérique, les télécommunications, la recherche, l’innovation, la formation et la jeunesse.

Vincent Peillon a donc ouvert le bal le premier. Dans son programme qui ambitionne de « placer le travail et l’emploi au cœur de l’économie », l’ancien ministre de l’Éducation nationale fait de la compétitivité des entreprises françaises l’un de ses chevaux de bataille en proposant de tout miser sur la qualité. Un objectif auquel il entend associer les partenaires sociaux dans le cadre d’une vaste concertation visant à « doter la France d’une stratégie nationale pour la compétence des actifs ». « Nous sommes en retard sur nos principaux concurrents en ce qui concerne la compétence des actifs, l’efficacité de l’encadrement des salariés, les investissements en recherche et développement de nos plus grands groupes internationaux, l’intégration du numérique dans les entreprises », souligne le député européen. « Dans une économie où l’innovation joue un rôle décisif, les compétences acquises perdent rapidement de la valeur et doivent être régulièrement remises à jour, ce qui suppose un constant effort de formation », affirme le candidat prêt à militer à l’échelle européenne pour un plan d’investissement massif de 1 000 milliards d’euros pour la transition énergétique, le numérique, les télécommunications, la recherche, l’innovation, la formation et la jeunesse.

Il souhaite mobiliser son ancienne maison pour mettre la priorité sur l’éducation dès le primaire en organisant un programme renforcé de formation des enseignants afin d’accompagner les réformes dans la durée, de poursuivre le passage de l’école au numérique et de lutter contre le décrochage scolaire. À cet effet, le candidat prévoit de renforcer les dispositifs d’orientation et de créer de meilleures articulations entre le monde éducatif et celui de l’entreprise. Quant à l’apprentissage, il deviendrait accessible jusqu’à 30 ans au lieu d’être plafonné à 25 (une expérimentation est actuellement en cours dans sept régions) et verrait le temps passé en entreprise considérablement augmenté afin d’encourager les employeurs à embaucher par ce biais. Une prime pourrait même leur être accordée si ce recrutement constitue le premier emploi créé par l’entreprise.

Assez critique sur la loi Travail lors du débat parlementaire, Vincent Peillon ne souhaite pas pour autant réécrire le texte. En revanche, son programme insiste sur la nécessité de remettre à sa place la hiérarchie des normes et de supprimer les dispositifs permettant aux accords d’entreprise de supplanter le droit du travail et les accords de branche. Dans cette optique, les champs du compte personnel d’activité (CPA) et de la garantie jeune se verraient étendus.

Manuel Valls – La formation tout au long de la vie pour faire face aux grandes ruptures technologiques et recréer de l’emploi

Côté Manuel Valls, l’ancien Premier ministre de François Hollande avait déjà appelé à la fondation d’une « Nation éducative » mi-novembre 2016 à l’Université de Cergy-Pontoise. Celle-ci verrait de nouvelles passerelles jetées entre l’éducation initiale et la formation continue (notre article). Si la « France juste » appelée de ses vœux passe par une réorientation des moyens financiers de l’école vers la maternelle et le primaire et la formation continue des enseignants, il lui appartient également de « valoriser la volonté de transmettre et l’envie d’apprendre ».

Il entend bien utiliser ce nouvel outil en place depuis le 1er janvier qu’est le compte personnel d’activité. Un CPA qui « constitue le socle d’une sécurité sociale professionnelle » que le candidat souhaite lui aussi élargir, en permettant notamment un accès facilité au crédit, à l’accompagnement à la création d’entreprise ainsi qu’en rallongeant de quelques centaines d’heures (500 au lieu des 400 actuelles) le compte personnel de formation de tout jeune sans diplôme, chômeur ou salarié en reconversion qui souhaiterait changer de voie professionnelle. Quant à ceux n’entrant pas dans ces catégories, « ils doivent pouvoir accéder à une nouvelle qualification une fois tous les dix ans, à commencer par les moins qualifiés », lesquels verraient leurs comptes crédités de 50 heures de formation par an, à concurrence d’un capital de 500 heures.

« La formation tout au long de la vie nous permettra de faire face aux grandes ruptures technologiques. C’est comme ça qu’on refera de l’emploi ! », a asséné Manuel Valls dont le programme prévoit également de revaloriser la prime d’activité, notamment pour les couples et les actifs « contraints à faire des heures supplémentaires pour boucler les fins de mois ».

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