Face à la crise du coronavirus, la refonte des certifications professionnelles maintient son rythme et se fixe des priorités

Les travaux de la commission et de la Direction des certifications professionnelles se poursuivent autour de l’instruction des dossiers, la refonte des systèmes d’information et l’évolution de la téléprocédure.  « Nous privilégions les demandes de renouvellement et les certifications ouvertes à l’apprentissage afin de sécuriser la rentrée de septembre », explique Mikaël Charbit, directeur de la certification professionnelle au sein de France compétences.

Par - Le 16 avril 2020.

Si la crise née de la pandémie de coronavirus ralentit à peine, pour le moment, le déploiement de la refonte des certifications professionnelles  engagée le 1er janvier 2019 reste considéré comme un levier fort de régulation du maché de la formation. « La commission s’est réunie à distance le 27 mars. 163 dossiers ont pu être étudiés et 161 ont été validés. Nous sentirons sans doute davantage les conséquences du confinement sur le mois d’avril », confirme Mikaël Charbit, directeur de la certification professionnelle au sein de France compétences. Si l’instance nationale s’est organisée pour poursuivre ses travaux à distance et tenir son calendrier, l’ordonnance du 1er avril donne un peu plus de temps aux certificateurs pour renouveler leurs certifications et habilitations au Répertoire spécifique (ex-Inventaire) et les adapter aux nouvelles exigences d’enregistrement. Initialement prévue au 1er janvier 2021, l’échéance a été décalée au 1er janvier 2022. Ce report s’imposait dans la mesure où le stock est important et les acteurs pas toujours prêts. En effet, contrairement au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), les taux de validation des dossiers au Répertoire spécifique sont encore faibles, de l’ordre de 10% à 15% sur les deux dernières commissions. Malgré la note de doctrine relative au Répertoire spécifique publiée par France compétences, la frontière avec le RNCP, la dimension certifiante de l’offre, la valeur d’usage et la qualité de l’ingénierie restent souvent mal appréhendées par les certificateurs. En ce qui concerne le RNCP, France compétences a identifié des points de vigilance.  « Nous privilégions les dossiers de renouvellement et les certifications ouvertes à l’apprentissage afin de sécuriser la rentrée de septembre. Nous mettrons tout en œuvre pour que les procédures aboutissent avant le début de l’été », confirme Mikaël Charbit. Pas question, en effet, de fragiliser davantage encore des organismes de formation dont la reprise d’activité, en septembre, s’annonce délicate.

Une nouvelle téléprocédure

Par ailleurs, l’instance de régulation ne néglige pas ses autres chantiers en cours. La téléprocédure permettant de déposer ses dossiers de renouvellement ou d’enregistrement de nouvelles certifications avait été mise en place dès février 2019. France compétences travaille sur une nouvelle formule pour soumettre à la recevabilité des dossiers au RNCP. Totalement dématérialisée, la téléprocédure sera  réorganisée par thématiques et certains critères ont été renforcés notamment en matière du suivi des promotions. La refonte des systèmes d’information, très attendue par les différents financeurs, porte un objectif fort de transparence et de régulation. Ce projet exigeant implique la stabilisation des données qui seront exportées, l’identification des organismes habilités des différents réseaux de certificateurs et le déploiement d’interfaces entre les différents systèmes d’information au sein de l’écosystème. Tout en étant parfaitement consciente des incertitudes qui pèsent sur la sortie de crise, la Direction de la certification professionnelle se tient prête à gérer de nouvelles priorités. Les certifications professionnelles pourraient, en effet, être appelées à répondre à des besoins en compétences générées par la relocalisation de certaines industries ou par des impératifs de reconversion professionnelle.

 

 

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