shutterstock_350763884.jpg

« Innovation et coopération sont intimement liées » (Marc Picquette, Opcabaia)

Comment les futurs opérateurs de compétences abordent-ils la question de l’innovation ? Extraits croisés des réponses de cinq Opca lors du colloque de l’innovation organisé par Opcalim [ 1 ]Industries alimentaires, de la coopération agricole et de l’alimentation en détail mardi 4 décembre à Paris.

Rédigé par . Publié le 06 décembre 2018. Mis à jour le 12 mars 2019.

Premier à s’exprimer, Thierry Teboul, directeur général de l’Afdas, estime que les Opca n’ont pas assez su « marketer leurs actions ». Il faut selon lui montrer que la « formation est un moyen au service d’une fin, qui est l’intérêt général ». Il le souligne, l’amoindrissement du rôle des Opca en matière d’ingénierie financière les conduit de facto à accroître leur rôle en matière d’ingénierie pédagogique.

Montée en compétences

Pour Nathalie Even-Quesney, représentante de la direction générale du Fafih [ 2 ]Hôtellerie, restauration, loisirs et activités du tourisme, « l’Opco de demain doit être le partenaire privilégié des branches, pas uniquement pour financer des formations mais pour aider chaque dirigeant d’entreprise dans sa stratégie » de montée en compétences. Il s’agit « d’expérimenter et d’innover en permanence », en s’appuyant sur de réelles logiques de partenariat.

Directeur général d’Opcabaia [Banques, assurances, mutuelles d’assurances]], Marc Picquette évoque lui aussi une « valeur ajoutée » qui s’exprime dans le conseil et l’expertise, « au-delà de la simple ingénierie financière ». S’appuyant sur les logiques de coopération déployées par les Opca (voir [notre article), il estime qu’ « innovation et coopération sont intimement liées ».

Réduire les inégalités

Pour Thierry Dez, directeur général d’Uniformation [ 3 ]Économie sociale, habitat social et protection sociale, il s’agit de ne pas considérer les technologies et la digitalisation comme une fin en soi, mais de les mettre au service de la réduction des inégalités d’accès à la formation.

Bruno Lucas, directeur général d’Opcalim, le souligne : « l’innovation nous permet de travailler de manière beaucoup plus horizontale et ouverte », ajoutant que partager rend plus intelligent et aide à disséminer les bonnes pratiques. Selon lui, les outils innovants servent essentiellement deux objectifs : « revisiter de vieux problèmes », comme celui de l’appétence pour la formation, ou, à l’instar des Mooc, « aider à massifier l’impact de la formation ».

À souligner enfin qu’au-delà de l’intervention des directions générales en plénière, le colloque de l’innovation a permis de présenter en ateliers quelque 25 projets et expérimentations. Déployées par les Opca, ces initiatives permettent de dresser en creux le portrait de l’innovation en cette fin d’année 2018 : le renouvellement et la transformation des pratiques ne s’imagine plus seul et rarement sans une touche de digital, avec des efforts de scénarisation recourant volontiers au principes du jeu.

Notes   [ + ]

1. Industries alimentaires, de la coopération agricole et de l’alimentation en détail
2. Hôtellerie, restauration, loisirs et activités du tourisme
3. Économie sociale, habitat social et protection sociale

Centre Inffo vous conseille également