Cotis

Rédigé par . Publié le 30 janvier 2008. Mis à jour le 11 mars 2019.

Jean-Philippe Cotis, 50 ans, diplômé de l’Éssec et de l’Éna, a été nommé directeur général de l’Insee, sur proposition de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi.

Cet ancien directeur de la prévision au Minéfi de 1997 à 2002, spécialiste en macro-économie et en économie du travail, s’est vu confier la mission de “développer de nouveaux instruments de mesure, tenant compte notamment de la dispersion des situations sociales et économiques”. Ces nouveaux indicateurs concerneront d’abord la mesure du chômage et du pouvoir d’achat, qui occupent une place importante dans l’agenda politique.
“Il faut « désagréger » l’information statistique, explique Jean-Philippe Cotis, et examiner en détail ce qui se passe pour les groupes constituant notre société, tant en matière de revenus, de pouvoir d’achat ou de chômage. _ Certains phénomènes, comme la montée en puissance des NTIC, contribuent à un élargissement de la distribution des revenus.”
Mais l’objectif apparaît double, voire parfois contradictoire. “Nous assistons aussi à un mouvement inverse, qui est celui de la mise en place d’indicateurs-étalons, comparables dans un monde globalisé et une Europe qui s’est dotée d’une politique monétaire commune, ajoute-t-il. Ainsi, l’Insee s’est récemment aligné sur la définition du taux de chômage au sens du BIT, et l’enquête emploi répond aux critères d’Eurostat.”
Cet ancien économiste en chef de l’OCDE depuis 2002 devra donc réformer le pilotage des enquêtes emploi, en donnant notamment les taux d’activité et les taux d’emploi.

Mandaté aussi afin d’“engager une réforme de la gouvernance du système statistique public”, le nouveau directeur général de l’Insee rappelle que Christine Lagarde a estimé devant les parlementaires que l’indépendance de la mission statistique était compatible avec son maintien au Minéfe. “Il faudra sans doute mettre en place une instance de renforcement de l’indépendance de l’Insee, mais il me semble important d’irriguer la sphère publique avec des corps administratifs hautement compétents en matière statistique”, précise Jean-Philippe Cotis.

Professionnel de la prévision, il compte bien mettre ses talents au service de sa nouvelle fonction dans une période de nouvelles incertitudes générées par le contexte international. “Paradoxalement, le problème est de prévoir l’avenir proche, or l’Insee produit des diagnostics conjoncturels à six mois.” Pour cela, indique Jean-Philippe Cotis,
“il est nécessaire d’avoir de bons instruments d’analyse”, mais il s’en remet aussi à son “intuition et à une mémoire longue de conjoncturiste”. D’indéniables atouts en cette période de turbulence des données macro-économiques.

Renée David-Aeschlimann

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