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La formation, clé de la reconversion des sportifs professionnels

Par - Le 19 février 2015.

La France compte 6 500 sportifs professionnels et presque autant de sportifs de haut niveau[ 1 ]Auxquels s’ajoutent 1 300 entraîneurs professionnels.. Quid de leur reconversion professionnelle une fois leur première carrière achevée ?

La transition se prépare bien en amont du retrait des stades ou des pistes. Mais si des dispositifs de formation ou de réorientation professionnelle existent pour les anciens sportifs, ils sont souvent ignorés de ceux-ci. C’est l’un des sujets mis en relief par le rapport remis le 18 février par Jean-Pierre Karaquillo, professeur de droit et co-fondateur du Centre de droit et d’économie du sport, à Thierry Braillard, secrétaire d’État aux sports.

41 recommandations

Aux yeux du juriste, dont les travaux ont débuté voici cinq mois, la question de la formation des sportifs dépasse la seule question de la transition professionnelle. “L’élaboration du projet professionnel des sportifs constitue une œuvre de longue haleine qui nécessite assurément une formation initiale adaptée, mais également la mobilisation d’un panel d’outils indispensables à la préparation de l’insertion professionnelle future”, affirme-t-il.

À cet effet, sur les 41 recommandations que compte le rapport, une quinzaine concerne des thématiques d’éducation, de formation, d’orientation, de réinsertion et d’emploi dans le but d’aider les anciens sportifs de haut niveau à se construire un projet professionnel une fois l’ère des compétitions terminée.

Apprentissage à 29 ans ?

Éducation, en premier lieu pour désenclaver culturellement les centres de formation des clubs professionnels où les contenus pédagogiques hors-sport sont souvent limités au minimum. Mais aussi constructions de davantage de passerelles entre le monde du sport et celui de l’entreprise.

Ainsi, l’élaboration de programmes de formation e-learning adapté aux horaires des sportifs de haut niveau fait partie des recommandations proposées par le rapport, de même que l’instauration de facilités d’accès à l’enseignement supérieur ou à l’apprentissage pour ces publics.

Concernant l’apprentissage, d’ailleurs, Jean-Pierre Karaquillo évoque la possibilité d’établir des dérogations de quatre ans aux conditions d’âge nécessaires pour la signature de tels contrats. Soit 29 ans pour les ex-sportifs au lieu de 25.

Le rapport induit également la possibilité pour ces professionnels en contrat de travail à durée déterminée d’accéder aux périodes de professionnalisation ainsi qu’aux stages en entreprises auxquels ils n’ont, pour l’heure, pas droit.

Des bilans d’orientation ou de compétences réguliers

Au-delà des dispositifs de formation, toutefois, c’est surtout l’orientation de ceux-ci en amont de leur retraite qui préoccupe l’auteur du rapport qui suggère l’obligation, pour les fédérations et clubs professionnels de proposer à leurs poulains des bilans d’orientation ou de compétences réguliers. Des bilans censés “intervenir le plus tôt possible dans le processus d’élaboration du double-projet c’est-à-dire dès la fin de la formation initiale, voire antérieurement”.

Utiliser le conseil en évolution professionnel

Autre outil que Jean-Pierre Karaquillo propose de mobiliser : le conseil en évolution professionnel (CEP) né de la réforme du 5 mars 2015 auxquels les sportifs de haut niveau pourraient recourir, via les Opca ou les Opacif, pour faire reconnaître leurs compétences professionnelles acquises sur les terrains. Pour ce faire, d’ailleurs, le rapport préconise également la mise en place de référentiels de compétences par lesquels les athlètes en reconversion pourraient faire reconnaître leur expérience à de futurs employeurs.

Revitalisation des conventions d’insertion professionnelles

De la même manière, parmi les suggestions figure celle d’une revitalisation des conventions d’insertion professionnelles (CIP) des sportifs de haut niveau (des conventions de réinsertion qui, pour l’heure, concernent néanmoins essentiellement des sportifs disposant déjà d’un haut degré de qualification) via la mobilisation des régions et des grands groupes du secteur privé (notamment les sponsors de clubs) dans l’aide de ces publics à la construction de leur projet futur.

Question de justice, aux yeux de Jean-Pierre Karaquillo : “Si les fédérations et les clubs professionnels mènent de multiples actions en partenariat avec des entreprises, il conviendrait désormais d’en faire bénéficier les sportifs.”

Notes   [ + ]

1. Auxquels s’ajoutent 1 300 entraîneurs professionnels.

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