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La formation continue universitaire veut “valoriser ses offres” sur les territoires

Par - Le 08 juin 2015.

Le contexte économique et les évolutions législatives majeures que représentent la loi du 4 mars 2014 sur la formation professionnelle, l’emploi et le dialogue social, et les fusions entre régions, constituent de grands défis pour les acteurs de la formation continue à l’Université. Réunis à Rouen, du 3 au 5 juin pour leur 42ème colloque, ceux-ci ont souhaité échanger avec les représentants des collectivités territoriales et les acteurs économiques afin de “mieux appréhender les actions et les politiques qu’ils devront déployer pour confirmer leur place d’opérateurs privilégiés de la formation tout au long de la vie”.

Des offres trop peu connues

En effet, les services de formation continue à l’Université (SFCU) jouent un rôle important dans le développement des compétences, de l’employabilité et de réinsertion professionnelle. Malheureusement, leurs offres sont très peu connues de certains acteurs, voire du grand public. Ils “doivent faire davantage connaître leur savoir-faire. Ils doivent créer, par exemple, une culture commune avec d’autres organismes afin d’accompagner davantage les personnes dans leurs besoins de monter en compétences”, a indiqué Christophe Lefèvre, directeur Stratégie et relations extérieurs à Pôle emploi Haute-Normandie.

Nicole Goossens, représentante des partenaires sociaux au Crefop en Normandie est de cet avis : “L’Université doit travailler avec tous les acteurs économiques, partenaires financiers et autres du territoire afin de valoriser ses offres et faciliter leur accès aux personnes qui souhaitent développer une employabilité durable”. D’ailleurs, l’Université entend, à travers sa présence au sein du Cnefop (Conseil national, de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles) et des Crefop (Comités régionaux), se rendre plus visible.

Renforcer les partenariats avec les entreprises

Cette visibilité passe aussi par des partenariats avec les entreprises. “Il faut inviter davantage les entreprises à l’Université, en créant des partenariats plus forts que ceux qui existent aujourd’hui. Le SFCU est bien outillé pour cela”, a plaidé Christophe Lefèvre.

Le Garf (Groupement des acteurs et responsables de la formation) travaille actuellement avec le réseau FCU sur “un protocole qui permettra d’ouvrir davantage les entreprises à la FCU”, a annoncé Alexis Hluszklo, président de l’association qui regroupe quelque 700 responsables de formation et des compétences en entreprise. Ceux-ci ont souvent le réflexe de se tourner vers les organismes de formation ou des actions en internes pour répondre à leurs besoins de formation.

Travail de réflexion avec les Régions

Les acteurs prônent également plus de travail de réflexion avec les Régions et les partenaires sociaux régionaux afin de monter des offres qui répondent aux besoins présents et en devenir au niveau du territoire, afin d’éviter la fuite de cerveaux. Pour le président du Garf, “la loi du 5 mars 2014 relie la question du développement des compétences des personnes avec la GPEC en lien avec le territoire”. Avec la réforme des collectivités, “les territoires se recomposent. Face à l’exigence d’élever les compétences dans les territoires, l’Université a un rôle de premier plan à jouer. Elle connaît mieux que quiconque leurs besoins”, a soutenu Jean-Luc Léger, président de Commission Enseignement et FTLV du Conseil économique et social régional (CESR).

Pour cela, “elle doit mettre en place une stratégie efficace permettant au SFCU d’être véritablement reconnu dans le cadre de cette réforme”, a appuyé Joël Alexandre, président de Normandie Université et président de la Communauté d’Universités et d’établissements (ComUE). Selon lui, “l’Université doit faire preuve d’innovation. Elle doit repenser ses moyens d’actions”.

Des pédagogies plus ouvertes et innovantes

C’est ce qu’a plaidé le président du Garf : “L’Université doit se positionner dans des pédagogies plus ouvertes et innovantes”. De plus, “avec la fusion des régions, il sera plus difficile de regrouper les apprenants en présentiel. L’innovation pédagogique est vitale pour la survie de la FCU”, a reconnu Alain Gonzalez, président du réseau de la FCU.

Les différentes évolutions constituent des enjeux importants pour les acteurs de la FCU. Ces “agents mutagènes positifs” sont le “fer de lance de l’enseignement supérieur français”, a rappelé Franck Jarno, sous-directeur de la formation et de l’insertion professionnelle à la DGESip.

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