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La mondialisation n’implique pas une homogénéité des qualifications et des compétences

La mondialisation a un impact important sur la production et le développement des qualifications et des compétences. Les mutations économiques, technologiques et sociales entraînent de nouvelles exigences en termes de qualifications et de compétences. Dans cette situation, les besoins des différents secteurs voire des entreprises d’un même secteur peuvent différer de façon substantielle.

Par - Le 01 décembre 2015.

En effet, “la mondialisation exige, dans le champ de l’emploi, de l’éducation, de la formation des balises, des points de repère, des systèmes de reconnaissance partagés. Mais les signalements des compétences et diplômes ne peuvent être envisagés de la même manière selon la nature des activités, les profils de compétences ou l’intensité de la mondialisation. D’ores et déjà il est possible de pointer des différences”, a rappelé Patrice Guézou, directeur formation et compétences à la CCI France, lors d’une conférence organisée les 26 et 27 novembre par le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (Cedefop) [ 1 ]La Conférence était consacrée à l’impact de la globalisation sur l’éducation et la formation professionnelles, ses défis et ses opportunités..

En effet, a-t-il expliqué, des activités relevant, par exemple, de certains domaines (marketing, finance, nouvelles technologies de l’information et de la communication, etc.) “se déploient à l’échelon mondial et recourent aux mêmes types de compétences en tout point du globe”. Ainsi, par exemple, dans le domaine de l’éducation et de la formation continue (notamment dans le secteur particulier des écoles de commerce), des standards mondiaux et des logiques de marques supranationales se sont déjà établis et diffusés et constituent les points de repère utilisés tant par les employeurs que par les étudiants.

L’internationalisation des échanges et l’intensification de la concurrence poussent de nombreux secteurs de la production de biens et de services à mettre en place des standards de compétences mondiaux ou européens, sans aboutir au niveau d’homogénéité observé dans le secteur des écoles de commerce. Ici, les acteurs (industriels ou entreprises) font confiance aux systèmes éducatifs des pays et les comparer les uns par rapport aux autres. Ainsi, par exemple, les outils européens tels que les European credits system for vocational education and training (Ecvet) ou le “Professionnalisation Durable” constituent des solutions pour relever le défi de la mondialisation. “La mobilité des personnes en Europe ou dans le monde est facilitée trois éléments : 1) la capacité de dialogue des systèmes éducatifs entre eux, en explicitant les niveaux de diplômes ou de certifications et les compétences ; 2) la coopération réelle et constructive des industriels et des acteurs éducatifs ; 3) la mobilisation d’un réel savoir-faire d’ingénierie de projet (auquel je suis très attaché) et de co-production”, a soutenu Patrice Guézou.

Il a rappelé que nombreux sont les secteurs d’activités et les concitoyens qui “subissent les évolutions du marché du travail sans envisager pour autant de mobilité géographique ou fonctionnelle”. Ainsi donc, a-t-il insisté, « la réponse aux problématiques de chômage, de désindustrialisation ou d’inadéquation de la main d’œuvre face aux enjeux du territoire se trouve alors à l’échelon infra-étatique, à l’échelon régional, voire du bassin de vie ”. Ce qui suppose “une coopération et un dialogue entre les parties prenantes de proximité qui travaillent ensemble et définissent de nouveaux projets et de nouvelles perspectives pour le territoire ”, dans une logique d’anticipation des besoins en qualifications, et de création des conditions facilitant les transitions, les découvertes et les apprentissages (“environnements capacitants” ou “territoires résilients”).

Notes   [ + ]

1. La Conférence était consacrée à l’impact de la globalisation sur l’éducation et la formation professionnelles, ses défis et ses opportunités.

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