Martin Schulz, président du Parlement européen.

Lancement du Projet de mobilité longue des apprentis en Europe

« Les taux de chômage des jeunes en Europe sont dramatiques. Dans certains pays, un jeune sur quatre en moyenne, voire un jeune sur deux sont au chômage. Le chômage des jeunes détruit le fondement de nos sociétés », a déploré Martin Schulz, président du Parlement européen, à l’occasion du lancement officiel du projet de mobilité longue des apprentis en Europe, mercredi 21 septembre 2016 au Parlement européen à Bruxelles (voir notre article).

Par - Le 23 septembre 2016.

Selon lui, ce projet, qu’il soutient « par conviction », est « un symbole pour la justice sociale, qui prouve que la liberté de circuler en Europe est ouverte à tout le monde ». Ce programme, dont la phase expérimentale implique 33 centres de formation de 12 pays, permet aux jeunes de partir, dans le cadre de leur contrat d’apprentissage, sur une période de 6 à 12 mois, dans un autre pays. Les promoteurs du projet sont unanimes sur la nécessité de combiner l’apprentissage et la mobilité pour favoriser l’intégration des jeunes sur le marché de l’emploi. « Nous savons que les étudiants qui ont bénéficié d’une bourse Erasmus et accompli une année d’étude hors de leur pays d’origine, se protègent mieux contre le risque du chômage », a rappelé Jean Arthuis député européen, président de la Commission des Budgets et initiateur de ce projet, qu’il espère être aussi efficace que l’autre programme européen qui fêtera ses 30 ans en 2017. Certes, les apprentis peuvent, dès à présent, accéder à une mobilité à travers Erasmus+, mais les durées d’échange sont courtes et ne durent que 28 jours en moyenne. Il s’agit donc de donner aux CFA les moyens d’offrir à ces jeunes davantage d’opportunités pour assurer leur employabilité.

Un droit et non une exception

« La mobilité pour les jeunes en Europe doit devenir un droit et non une exception. Nous devons donner à tous la chance de bouger et de découvrir ce qui peut les enrichir », a soutenu Martine Reicherts, directrice de la Direction générale à l’éducation et à la culture de la Commission européenne. Selon son collègue de la Direction générale de l’emploi, Michel Servoz, « la mobilité est un atout important pour les jeunes et aussi pour les entreprises. A notre Direction, nous encourageons la mobilité. Nous ferons tout ce qu’il faut pour vous accompagner dans ce projet ». Tous les deux ont rappelé l’attachement de Jean-Claude Juncker, président Commission européenne, à l’employabilité des jeunes. Celui-ci a d’ailleurs a proposé, dans son “discours sur l’état de l’Union” 2016, l’extension de la “Garantie pour la jeunesse” (voir son discours).

Comme la Commission européenne, des organisations professionnelles (Medef, Confédération européenne du bâtiment, Eurochambres…) ont exprimé leur volonté d’apporter leur contribution à la réussite de ce projet que Jean Arthuis espère voir généralisé dans tous les pays de l’Union européenne. Celui-ci souhaite que des retours rapides soient faits afin d’améliorer. « Nous allons essayer de l’évaluer en temps réel. Et nous serons à votre écoute pour que l’expérimentation réussisse », a-t-il insisté. « La présence d’un nombre important de soutiens prouve qu’un grand nombre d’acteurs veulent faire bouger les lignes en travaillant ensemble et non de manière fragmentée », s’est réjoui Antoine Godbert, président l’association “Euro App’”, qui fédère tous les acteurs engagés dans la promotion de l’apprentissage (centres de formation, institutionnels, entreprises…) pour valoriser et défendre toutes les initiatives mises en place pour développer la mobilité des jeunes.

Pour réussir ce défi, les acteurs de l’expérimentation ont attiré l’attention de leurs soutiens sur quelques “points essentiels” :

  • liens avec le centre de formation du pays d’origine et avec les centres de formation des pays d’accueil,
  • liens des jeunes qui participeront au projet avec l’entreprise du pays d’accueil et avec l’employeur du pays d’origine,
  • couverture sociale des jeunes dans le pays d’accueil, pendant la période de mobilité,
  • rémunération ou l’indemnisation possible et les moyens de subsistances pendant la période de mobilité.

« Il ne faut pas rechercher forcément une harmonisation des pratiques et des législations dans tous les pays partenaires. Il faut travailler plutôt sur la convergence des valeurs et des finalités, ainsi qu’une reconnaissance mutuelle des résultats », a conseillé Loïc Armand, président du groupe L’Oréal et président la Commission Europe du Medef, qui prône la création d’un « “Passeport européen de l’apprentissage” permettant aux jeunes d’aller se former partout en Europe ».

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