L’application mobile CPF ouvre de multiples perspectives pour l’écosystème de la formation

Rédigé par . Publié le 04 février 2019. Mis à jour le 18 mars 2019.

Elle ne sera disponible que cet automne. Mais d’ores et déjà, l’application mobile qui permettra aux actifs de mobiliser leur compte personnel de formation (CPF) sans intermédiaire laisse entrevoir des possibilités d’innovation pour l’ensemble du secteur de la formation, selon la Caisse des dépôts.
L’application mobile que bâtit en ce moment la Caisse des dépôts va offrir davantage d’autonomie aux actifs dans le développement des compétences. Mais cette place de marché [footnote]Une « place de marché » est une plateforme électronique où fournisseurs et acheteurs d’un même marché peuvent gérer leurs transactions en ligne.[/footnote] qui va permettre aux prestataires de formation de proposer directement leur offre à 33 millions de personnes va aussi faire évoluer le secteur dans son ensemble, comme l’a expliqué Laurent Durain, directeur de la formation professionnelle de la Caisse des dépôts, lors de la 16ème édition de l’université d’hiver de la formation professionnelle 2019, vendredi 1er février à Biarritz.

Outil de régulation

Avec cette plateforme, les relations entre les usagers et les organismes de formation seront régies par des conditions générales d’utilisation actuellement en cours d’élaboration qui feront ensuite l’objet d’un texte réglementaire. Cela revient à mettre en place « un seul et même contrat de formation offrant les mêmes garanties quel que soit l’endroit où on se trouve sur le territoire et quelle que soit la typologie de la formation. C’est un élément extrêmement structurant de la reconfiguration du champ de la formation », selon Laurent Durain.

Indirectement, elle sera un nouvel outil de régulation. D’où l’importance de trouver le bon équilibre pour « préserver les intérêts des clients et proposer une place de marché qui soit attractive pour les prestataires de formation », souligne Laurent Durain. À ce stade, tout n’est pas encore acté. L’élaboration des conditions générales d’utilisation fait encore l’objet de discussions avec les pouvoirs publics et les organismes de formation.

Outil de simplification

À terme, cette place de marché pourrait aussi avoir une incidence sur les prix. Non seulement son accès est gratuit pour les prestataires de formation, mais elle peut aussi simplifier et sécuriser leurs pratiques, si par exemple un système d’indemnisation est instauré au cas où un stagiaire ne se présente pas. « Plus les conditions générales de vente seront facilitantes pour les organismes de formation, plus il sera fondé de leur demander d’ajuster leur tarification », explique Laurent Durain.

À brève ou longue échéance, l’application et le système de gestion des comptes de la Caisse des dépôts ouvriront de nouvelles perspectives à l’ensemble de l’écosystème. La prise en compte des abondements, début 2020, donnera le feu vert aux entreprises à l’intégration du CPF dans leur stratégie de formation et de gestion des ressources humaines. Décider d’abonder le compte de ses salariés contribuera à attirer des candidats ou à fidéliser des salariés. Il serait intéressant pour des entreprises ou des branches faisant face à des difficultés de recrutement d’abonder les comptes des personnes qui s’engagent dans des formations jugées stratégiques, illustre Laurent Durain.

Outil d’innovation

L’exploitation des données gérées par la Caisse des dépôts serait aussi source d’innovation. « Les informations sur les formations recherchées aboutissant à une recherche infructueuse sur le moteur de recherche pourront ainsi donner des indications sur des métiers émergents et des formations à développer », suggère Laurent Durain. Plus globalement, les données sur le profil et les parcours des bénéficiaires sont des informations à même de nourrir l’écosystème. « Il faut qu’on trouve les moyens — dans le respect de la réglementation sur les données personnelles — de permettre aux chercheurs, aux observatoires de branches ou autres, de travailler sur ces données », explique Laurent Durain.

Les possibilités d’innover ne manquent pas. « Pourquoi ne pas imaginer d’avancer ou de prêter des crédits de formation », illustre le directeur de la formation professionnelle de la Caisse des dépôts, ce qui permettrait d’accroître l’employabilité de certains publics et leur offrant l’occasion, une fois en activité, d’acquérir des droits. Créer sur l’application des univers par public ou domaine de formation spécifiques fait aussi partie des pistes envisageables. Pour Laurent Durain, la liste des possibles est sans fin.

Les ressources documentaires de la 16ème Université d’hiver de la formation professionnelle

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