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Le groupe IGS organise la première édition de “Vivre l’alternance”

Par - Le 22 mai 2015.

Coïncidence calendaire, c’est le 21 mai, soit un peu plus d’une semaine après le lancement du Plan de mobilisation pour l’emploi et l’apprentissage, que le groupe IGS (18 établissements d’enseignement et de CFA par alternance, près de 7 000 alternants par an) organisait la première édition de l’événement “Vivre l’alternance”.

Une journée marquée par un grand job-dating qui a vu 35 entreprises proposer quelque 500 emplois aux alternants du groupe, mais aussi par un débat sur la récente réforme de l’apprentissage.

Le retour des primes à l’apprentissage a été promis par François Hollande dans le cadre de la Journée de mobilisation pour l’apprentissage. Et deux nouveaux dispositifs ont été annoncés par François Rebsamen pour la rentrée 2015 dans le cadre du Plan annoncé la semaine dernière à Matignon [ 1 ]“TPE jeune apprenti”, qui permet aux entreprises de moins de 11 salariés de percevoir une aide de 368 euros par mois pour compenser les cotisations sociales et la rémunération de l’apprenti et qui entrera en vigueur en juin ;

et “Réussite apprentissage”, un programme permettant à 10 000 jeunes issus des quartiers de bénéficier d’une période préparatoire à l’entrée d’un cycle d’apprentissage, voir notre article).. A noter également, les nouvelles affectations de la taxe aux Régions, qui se traduira par 200 millions supplémentaires (77 millions sur les budgets régionaux, 125 millions spécialement dévolus aux CFA).

Le rapport de l’Igas sur l’accompagnement de l’apprentissage présenté en juin

Sur ce dernier point, Nadine Richard, conseillère technique au cabinet de François Rebsamen, porteuse de la parole de son ministre, a tenu à rassurer : “Il appartiendra au Cnefop de suivre ces flux financiers pour vérifier qu’aucun CFA n’a été mis en difficulté. On demande toujours beaucoup à l’État pour recruter des apprentis, mais l’apprentissage n’est pas toujours au cœur des priorités des chefs d’entreprise. Il existe des freins qui font que les employeurs hésitent à recruter, c’est pourquoi le ministre a fait de l’accompagnement des employeurs et des apprentis une priorité. L’Igas a été missionnée pour étudier cet accompagnement et devrait présenter son rapport au Cnefop début juin.”

Côté Régions, on a également tenu à rappeler l’investissement des pouvoirs publics en matière d’apprentissage. “Les Régions n’ont pas diminué leurs budgets contrairement à ce qui a pu être affirmé”, a indiqué Delphine Pelade, directrice de l’apprentissage au Conseil régional d’Ile-de-France, “seules trois l’ont fait, consécutivement aux baisses d’effectifs d’apprentis. L’Ile-de-France, en revanche, a augmenté le sien malgré la diminution d’effectifs et a mis le paquet sur les dispositifs qualitatifs”. À ce titre, le Conseil régional francilien devrait voter, lors de sa session de juin, l’attribution d’une enveloppe supplémentaire, prise sur ses fonds propres, destinée à renflouer les CFA qui se verraient impactés par la réforme de la taxe.

Pourtant, l’inquiétude demeure, particulièrement du côté des entreprises et des branches professionnelles qui ont vu la part libre d’affectation de la taxe diminuer au profit des Régions et surtout, les aides à l’apprentissage aller et venir depuis 2012 au rythme des décisions politiques (suppression de l’ICF[ 2 ]Indemnité compensatrice forfaitaire., loi du 5 mars 2014, retour d’une prime pour les TPE mais conditionnée à un accord de branche, puis déconditionnée depuis le 12 mai…). Autant de sources d’instabilité qui n’incitent pas les entreprises à l’embauche d’apprentis.

“Si le système allemand de l’apprentissage connaissait autant d’instabilité que le système français, il se serait effondré”, a estimé Bertrand Martinot, ancien délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle, auteur d’une récente étude comparative entre les deux systèmes (lire).

“Le premier problème du recrutement d’apprenti, c’est l’accompagnement financier des chefs de petites et moyennes entreprises”, a assuré pour sa part Jean-Michel Pottier, vice-président de la CGPME, confédération qui, en son temps, s’était refusée à signer l’Ani donnant naissance à la loi du 5 mars 2014. “On avait un dispositif qui, de 2006 à 2012 a fonctionné et vu les effectifs d’apprentis augmenter. Depuis, on l’a totalement déréglé et la dernière réforme a sorti les chefs d’entreprises du processus d’apprentissage”, a-t-il ajouté.

Pour les grandes entreprises, la réforme a également eu des conséquences sur la politique d’apprentissage. Chez Orange, qui soutenait financièrement 556 établissements et CFA, le nouveau fléchage de la taxe oblige le groupe a effectuer des choix. “Cette année, il y a des établissements que nous n’avons pas pu soutenir”, a avoué Rozen Thomas, directrice de l’insertion des jeunes au sein de l’entreprise.

Impliquer l’Éducation…

En dépit des récentes dispositions prises par le gouvernement, des inquiétudes persistent donc sur l’avenir de l’apprentissage. Pour Bertrand Martinot, un certain nombre d’écueils pourraient être évités si, à l’avenir, l’apprentissage devenait une voie de formation plus seulement réservée aux décrocheurs scolaires (du moins pour les bas-niveaux). “Les apprentis demeurent encore un corps étranger à l’Éducation nationale”, a-t-il déploré, “pourtant, ces jeunes sont souvent les 20 % de décrocheurs que le système éducatif a broyé. Rien ne pourra se faire tant qu’on n’impliquera pas davantage l’orientation scolaire dans la guidance des jeunes vers l’apprentissage”. Comme en Allemagne, donc.

Notes   [ + ]

1. “TPE jeune apprenti”, qui permet aux entreprises de moins de 11 salariés de percevoir une aide de 368 euros par mois pour compenser les cotisations sociales et la rémunération de l’apprenti et qui entrera en vigueur en juin ;

et “Réussite apprentissage”, un programme permettant à 10 000 jeunes issus des quartiers de bénéficier d’une période préparatoire à l’entrée d’un cycle d’apprentissage, voir notre article).

2. Indemnité compensatrice forfaitaire.

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